Art of living/Born into this...

Keep Walking

Bon, à l’origine il y a peu, je prévoyais d’écrire un post.

Oui, je ne mens pas.

Un post entre volonté de vous souhaiter de joyeuses fêtes, ou du bonheur, ou un peu de prospérité, ou n’importe quoi qui fasse un peu plaisir en ces temps troublés et dégueulasses, histoire de vous demander hypocritement bien ou bien ? voir de m’attarder sur l’année écoulée, en invoquant avec beaucoup de cynisme Jeff Gundlach ou Bill Gross, Zemmour ou Houellebecq, Kaaris ou Vilfredo Pareto, le tout en postant ce qu’il faut de photos personnelles, entre obscénité joyeuse et teasing de salopard.

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« Bonjour, bien ou bien » – Figure moderne pour barbier et hipster

#JeSuisCynique

Bref, de soulager ma conscience et de maintenir une page que j’ai le plus grand mal à alimenter.

Probablement par fainéantise et procrastination. Sûrement par manque de temps…

Un post pour m’excuser donc, de cette longue absence, du manque de réactivité dans les parages, de l’abandon de ce cher « Nasty Diary », journal intime qui aura reflété comme il pouvait une partie de ma vie, entre hédonisme narcissique, volonté de statuer sur l’époque, et analyse salutaire de l’instant, émaillé de « peut être », et sans effets probables dans cette immensité du blablabla 2.0.

Et puis il y a peu, nous venions de connaitre un séisme.

Pas nécessaire de vous faire un dessin.

Oui, je dis nous, en tant que Français. Le reste, les « Je suis Charlie », à d’autres…

« Sachez avoir tort. Le monde est rempli de gens qui ont raison.

C’est pour ça qu’il écoeure. »

Louis Ferdinand Céline

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Dhimmi With Attitude

Festivus, festivus

Comme certains s’en douteront, je n’étais pas des manifestations, préférant de loin fumer un Lusitania en compagnie de Houellebecq, en tendant l’oreille aux propos de terrasse, humant l’ère du temps, prenant la température des parisiens.

Des parisiens « outragés », « brisés », « martyrisés », mais des parisiens enfin « libérés », après la période anxiogène des premiers jours, perdus qu’ils étaient, entre choc des premiers instants, période de soldes et stupéfaction.

Aujourd’hui, ne me reste que ce sentiment d’être seul, et profondément étranger à la notion de solidarité, de la foule, du groupe, de la « nation ».

Seul.

A part.

Étranger.

Avec cette envie de lever son majeur bien haut à cette idée du roman « national ».

Balançant entre cynisme et satisfaction, me gaussant de la gestion des évènements et leur lot de récupération indécente, ironisant en voyant le #CharlieBusiness florissant ou simplement écoeuré au vu de l’émotion largement hypocrite d’une bonne partie du landernau politico-médiatique jamais avare question récupération.

Quant à la population qui s’est déplacé, je n’y ai vu que des veaux, affectant une mièvrerie de l’instant et des bons sentiments plein la bouche, en attendant qu’ils réclament un dictateur le jour où leur sécurité ne sera plus qu’un mot vide de sens.

Ceux-là même que moquait l’hebdomadaire avec son sens du mépris si « irresponsable ».

Aujourd’hui, ils sont plus de 5 millions à s’en revendiquer…

« Ce monde n’est qu’une immense entreprise à se foutre du monde. »

Louis Ferdinand Céline

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Philosophie de l’époque

Les raisins de la Colère

A toute cette merde, j’ai préféré me taire, et laisser le silence couvrir mon mépris.

Avec cette lourde sensation d’être au plus près d’une certaine vérité concernant l’avenir du monde occidental.

Moi et d’autres.

I have defined a speculator as a man who observes the future and acts before it occurs. To be able to do this successfully, three things are necessary: One must get the facts of the situation or problem. One must form a judgement as to what those facts portend and One must act in time – Before it is too late.

Bernard Baruch

Et demain ?

Au delà du grand raout pseudo-républicain de dimanche 11 janvier, l’union de façade et les voeux pieux de certains, à voir les lézardes profondes observées au sein même de cours d’école, qui douterait encore du tournant vers le pire pris par la société française ?

La liberté d’expression qu’on massacrera dans une logique de « deux poids deux mesures », les lois liberticides à venir, la défiance grandissante d’une grande partie de la population, la haine pure et simple, la logique victimaire d’un camp ou de l’autre, Le Pen et la montée des extrêmes, l’Islamisme radical, le repli identitaire, la dette sans fin, le manque de moyens, l’indignation inutile, l’incompétence généralisée, la logique électoraliste, la crise économique, la déflation, le chômage persistant, une classe politique totalement discréditée et trop occupée à autre chose, tout ça forme une bouillabaisse peu ragoutante, et j’ai déjà donné dans l’analyse.

Si on rajoute à cette équation déjà fumeuse le merdier Grec à venir, une Ukraine conflictuelle au bord de la rupture, un baril de brent au plus bas avec les conséquences géopolitiques qui vont bien, des migrants en mode « tonnage » histoire de faire plaisir à Jean Raspail et une BCE qui a décidé de suivre l’exemple de ces grandes soeurs dans l’apocalypse monétaire, on risque de rire gras.

Si vous cherchiez de l’espoir, vous êtes mal barré.

Zemmour vous parle de suicide, Houellebecq de soumission, moi je vous conseillais la fuite.

Là dessus les amis, j’aurai voulu vous souhaiter une bonne et heureuse année 2015, mais à la place je préfère un plus prosaïque:

« Chacun pour soi et Dieu pour tous ».

Bref, bonne chance.

«Il n’y a qu’une liberté, rien qu’une: c’est de voir clair d’abord, et puis ensuite d’avoir du pognon plein les poches, le reste c’est du mou !»

Louis Ferdinand Céline

***
Jorge Ben – Take it easy my brother Charles

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12 réflexions sur “Keep Walking

  1. T’es nouveau toi dans les parages…

    Soit l’expatriation, entre la valise en carton de Linda de Souza et le périple du migrant moyen sans papiers. Les choix sont vastes. Sinon, il y a encore la campagne, l’isolement dans le Cantal, les îles Kerguelen, etc.

    Moi, je ne suis pas vraiment concerné, en tant que financier/spéculateur/mangeur d’enfant sans foi ni loi ni patrie.

    Clarence, illuminati libéral

    • Disons que je ne te voyais pas fuir au Japanisthan où le monde ne semble pas spécialement plus beau (si ce n’est les femmes).
      Du coup l’isolement en cultivant ses légumes ouais pourquoi pas. Solution égoïste mais crédible, surtout si tu pars avec les poches pleines de lingots vil capitaliste.

      Zoda, chercheur de solutions.

  2. @ Fabos: Hahaha, garde-moi des merguez pour le prochain barbecue ! 😉
    Et la bise à tout le monde !

    @ F..K: FUCK YEAH ! J’espère pour le coup qu’on improvisera un grand méchoui pour fêter notre légendaire « vivre ensemble«  !

    @ Théo: T’as un paquet de révisions à faire sur le Nasty Diary.

    Même si cette phrase est particulièrement mignonne:

    « Disons que je ne te voyais pas fuir au Japanisthan où le monde ne semble pas spécialement plus beau (si ce n’est les femmes). »

    Alors je vais te décevoir, mais en fait, si, et ça fait un moment que j’y ai construit mon avenir.

    Et puis le monde est tout de même plus beau quand on le regarde brûler de loin, une Kirin bien fraîche en main. Non ?

    Clarence, spectateur comblé

  3. Si tu y as construit ton avenir, ça n’est pas vraiment une fuite alors (j’insiste sur les termes pour me justifier, car il est vrai que des fois je doute de ton objectif final quand je vois tes instagrams de cafés parisiens tous les deux matins).

    Et puis les bières japonaises, je suis vraiment pas fan.

    Zoda, tourne aux jus de fruits en 2015

  4. Si tu me permets un conseil sur la fuite, comme je la vis moi-même depuis 2009. Le secret pour bien vivre son statut de solitaire, loin du chaos mais désespéré sur son époque, c’est de très bien manger.
    Je peux me morfondre sur la connerie du monde, et surtout m’en vouloir de me sentir ainsi concerner et coupable de ne rien y faire, il suffit que j’attaque un Nasi Bryani à Singapour, un ChuToro nigiri à Tokyo, un Tchi roe Xiao Long Bao à Hong Kong ou un Pad Thai à Chiang Mai, et je redeviens un con dans la masse qui se fout de tout. Beati pauperes spiritu.

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