Born into this...

Tokyo behind the mask

Some clouds over Marunouchi

Doom city

Alors que le 2.0 bruisse d’une multitude d’informations et d’analyses où chaque imbécile du crû se prend pour un spécialiste du renseignement nucléaire, et s’ingénie à broder des perspectives généralement pitoyables, j’ai décidé de repartir sur Tokyo. Histoire d’être fixé. Et après 3h30 de Shinkansen Nozomi, me voici enfin dans la capitale nippone.

La poignée de main est chaleureuse, franche et accorte. David Macklin, directeur général de l’hôtel Four Seasons Chinzan-so de Tokyo a tenu à m’accueillir lui-même à mon arrivée à l’hôtel.

Avec une occupation qui fait la gueule, et plus un seul étranger à accueillir à l’hôtel depuis le 11 mars dernier, on se dit que le tourisme Tokyoite a connu des jours meilleurs. D’ailleurs, on m’annonce le gros lot: Je suis le premier à revenir depuis. Ce qui me vaudra un traitement un peu particulier.

Lézarde encore fraiche

Dans les couloirs, on observe encore des stigmates du précédent tremblement de terre, et du staff technique s’affaire en vérifications diverses, alors en plus de m’upgrader généreusement, on me place à proximité des sorties de secours, une lampe torche en main et les recommandations idoines.

Just in case.

Ici, pour maintenir coûte que coûte le business as usual, on économise pas encore l’électricité. En même temps, faut croire que le Nikkei n’apprécierait pas vraiment…

Alors à l’opposé des rayons de conbini locaux, de généreuses quantités d’eau minérale Evian garnissent ma chambre, et pour prévenir toutes radiations de l’eau du robinet, un spécialiste dépêché par l’ambassade américaine vient effectuer des relevés presque quotidiens sur l’eau. Jusqu’à présent, rien de terriblement alarmant, et l’hôtel a souhaité jouer la transparence avec une publication des rapports accompagnés d’une notice suivant la nocivité des rejets à la clientèle de l’hôtel, principalement japonaise, et qui n’en a cure. En même temps, semblerait que le seul conseil inquiétant fut d’éviter de prendre un bain…

Une nécessité qui sonne comme un pis-aller, pour une industrie qui a beaucoup à perdre avec la crise actuelle.

Quiet corridors

Le lendemain, j’aurai le « privilège » de venir observer le spécialiste (Un ingénieur du Michigan dans sa quarantaine, spécialisé dans le contrôle des matières radioactives), pendant sa prise de relevé, permettant de nous entretenir longuement de la situation sur Tokyo et les perspectives entrevues par la cellule de crise de l’ambassade américaine. Une disposition globalement identique à celle d’autres ambassades, avec la différence notable que l’oncle Sam possède de meilleures informations, et que derrière une volonté de contrôle médiatique et des desseins à la portée politique claire (on ne panique pas, et on rassure au maximum ne serait-ce que par réciprocité vis-à-vis d’un allié stratégique dans la région, coincé entre GE et l’industrie qui pousse derrière et l’opinion publique face à la gravité des faits), on aura principalement tenu à analyser la situation au plus près, pour informer sans en négliger les risques l’une des communautés les plus dynamiques de Tokyo.

Une communauté, qui malgré des départs en nombre plus médiatiques que d’autres et une inquiétude palpable, a dans son ensemble moins pris la tangente, parfois par manque de choix, ou simplement en jouant le jeu en toutes connaissances de cause, se mettant plus ou moins à l’abri des quolibets.

De toutes façons pour l’image, ils pourront toujours s’appuyer sur les gesticulations de Dave Spector à l’antenne, et les braves soldats de la navy continuant l’effort d’aide à destination des sinistrés.

L’Amérique s’est remise à marquer des points dans l’archipel. Ça faisait longtemps.

Et pendant ce temps-là…

France Fail Again.

Gray subway day

Donations

C’est avec le timbre de voix noué par l’émotion que mon ami d’Ibaraki fit un petit discours sur sa situation personnelle, difficile et délicate, devant un parterre d’entrepreneur venu sous le patronage de Yuichi Matsuda. Loin de vivre une situation aussi inquiétante, on m’enjoindra d’en faire autant, histoire de donner le change aux flyjin. Et si je ne perd pas l’occasion de me faire applaudir sans en faire trop, je n’ai pas eu la force de refuser diverses donations. Sûrement la tentation de se faire bien voir…

Ou la bonne conscience. Allez savoir.

Pour le reste, et quoiqu’en disent les amateurs de Ronsard, charity rime toujours aussi bien avec business.

Car loin de rester affligé par la peine et l’émotion, le pragmatisme des nippons s’est ragaillardi. Devenant beaucoup moins engoncé dans ses précédentes certitudes, et plus à l’écoute.

Surtout quand on apporte des solutions d’investissements et des stratégies pleines d’opportunités pour la 3ème économie mondiale, percluse d’inquiétudes sur son devenir, et alors que Tokyo s’affiche encore comme la zone où la concentration de richesse demeure la plus importante du monde.

Tokyo Wealth

Nikkei225 etc

C’est chez Pierre Gagnaire, au 36ème étage d’un hôtel de luxe à Akasaka, où le staff français tenait toujours les lieux, que prenait place un déjeuner affairé avec des cadres spécialisés dans l’analyse et les stratégies « marchés » d’une banque d’investissement bien connue dans le registre de la spéculation tous azimuts, et dont les informations financières (et autres) sont généralement de première main. Et à voir le sourire irradiant de ces messieurs, on ne peut que gouter une bonne humeur mâtinée de suspicion, tant sur cette confiance hypocrite que les légumes ou le poisson qui garnissent nos assiettes.

Produits hautement radioactifs – Handle with care

Ici aussi il fut question de flyjin et de fagotry chambreuse sur les précédents voyages à Osaka ou HK d’une partie du staff local, avant de retrouver rapidement son sérieux sur l’avenir et les perspectives de vie sur Tokyo. Des perspectives clairement dégradées, entrainant pour certains de profondes remises en causes, mais qui n’empêchent pas nos messieurs (généralement très bien informés) de relativiser l’apocalypse radioactive scandée ici et là, et de parier avec froideur sur une dégradation de la situation vers un cas de pollution « lourde », diversement localisée autour du site de la centrale, Fukushima et des préfectures environnantes, pacifique inclus, qui devrait enfanter un vaste no man’s land, et provoquer une possible croissance de problèmes de santé publique, et ce sur très long terme, malgré toute la volonté politique et publique à chercher des issues viables.

Une perspective de long terme dont on ne verra les fruits que des années plus tard.

Assurément, il va falloir éviter les kaiten-zushi ces prochains mois…

A quelque chose, malheur est bon.

Une situation pas vraiment inédite, si on se rappelle l’Ukraine, et dont l’ordre d’importance reste à évaluer suivant les avancées sur le site, mais une situation qui risque de gêner durablement l’effort de reconstruction dans une région qui va en souffrir, imposant un constat catastrophique, non seulement humain, mais également économique et social, exacerbant ainsi des tensions qui ne manqueront pas de se faire jour d’ici quelques mois ou années, malgré l’élan de solidarité actuel.

Le calvaire du Tohoku n’est pas fini.

Et le Kansai n’a pas fini de se frotter les mains.

Confession d’un masque

Restent les incertitudes…

Sans compter les spéculations autour du site de Daiichi, les risques sanitaires présent et à venir, le spectre des radiations et l’amorce nécessaire d’une réflexion autour du parc nucléaire local et des stratégies énergétiques, ou de la planification du territoire sur un archipel qui reste très exposé au risque sismique, quantités d’autres interrogations restent en suspens.

Le focus médiatique, malgré une dilution généralisée, risque d’être bien plus important que dans l’ex-république soviétique, rapidement laissée à elle-même, et il faudra rendre des comptes, quand les sources d’informations se plaisent désormais à se faire multiples. De quelle teneur va-t-on servir le miso ?

Translucide ou opaque ?

TEPCO peut servir de bouc émissaire confortable, il n’en reste pas moins que le gouvernement, à trop tergiverser sur sa stratégie à intervenir sur le site de l’opérateur, risque bien de voir son peu de crédit s’effondrer. Et sa pseudo collusion, comme sa dépendance (informative et électrique) de lui jouer des tours.

A view from the cab

Dans ce pub de shinagawa, face à ma kilkenny, c’est un Tokyoite en plein dépit amoureux que j’ai retrouvé. Dépit pour des perspectives de vie clairement remises en question, dépit pour les perspectives d’un secteur qui se voyait en train de remonter la pente, mais également frustration pour cette gestion politique et publique d’un problème qui aurait pu voir l’ébauche d’une action beaucoup plus vigoureuse, concertant un effort d’importance dans une situation où le manque de temps est crucial.

Et ce n’est pas les spots tv des SMAP et autres stars, prêchant une solidarité dans le « gambaru » ou proclamant que le Japon est un pays fort qui remettront du baume au coeur…

Pour autant, l’excitation de vivre un moment particulier, ces perspectives totalement chamboulées, et la nécessité de faire des choix sauront aiguillonner l’ambition et les envies.

Dans la gare de Shinagawa, c’est derrière son masque, que je quitte un homme souriant, et au final, sûr de lui et de ses capacités à surmonter les difficultés.

A Tokyo, les masques ne dissimulent pas que de l’inquiétude, mais ils ne cachent pas non plus la nécessité de reprendre la routine du quotidien, tant on sent que les nippons ont désormais envie de regarder ailleurs. Lassé d’un news flow déprimant et inquiétant.

Cette capacité à oblitérer la réalité de faits sinistres, ne manque pas d’interpeller, mais c’est aussi une force. Celle de se remettre au travail. Coûte que coûte. Et en dépit de tout.

Le Japon ne manquera pas de se réorganiser, pour diluer cette soumission au risque, faisant malheureusement partie intégrante de la vie sur l’archipel, et qui vient de se manifester dans toute sa cruauté.

Mais aujourd’hui, il pourra compter sur la globalisation pour se restructurer. Une nouvelle donne qui ne manquera pas d’impacter l’archipel de ses effets autant positifs que négatifs.

Et demain, de voir de nouvelles perspectives se dessiner.

Il y a peu, j’écrivais encore que Tokyo semblait abandonnée au calme anesthésiant et la beauté tranquille.

Aujourd’hui, si la vie a peu a peu repris le dessus, toujours rythmée par les notifications de répliques, on sait désormais que tout peut arriver, et plus personne n’ignore que de profonds changements vont voir le jour.

L’histoire de Tokyo, et du Japon s’écrit désormais en pointillé. Dans l’attente un jour du « big one ». Et de retrouver ses forces pour affronter l’avenir.

Dans le parc du Chinzan-so, les cerisiers n’avaient pas encore fleuri. La gossip girl faisait main basse sur l’ensemble de l’eau minérale de ma chambre d’hôtel. Ismaël dévorait un éclair au café chez Viron.

Moi, je promettais plus que simplement revenir.

渡辺美里「My Revolution」

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19 réflexions sur “Tokyo behind the mask

  1. Je cite:

    « […]on économise pas encore l’électricité. En même temps, faut croire que le Nikkei n’apprécierait pas vraiment… »

    Je suis une buse totale, mais qu’est-ce que le nikkei a a perdre a faire des economies d’energie ?
    [note: je demande tout a fait naivement]

    Sinon pour la binouze, tant que c’est pas a Roppongi je suis partant.

  2. Oui, ça fait plaisir de voir que tu ne te laisses pas abattre.

    « Nozomi » est tellement plus opportun que « Hikari ». Bon choix.

    Moi aussi j’ai une question : c’est quoi une « information financière de première main » ? C’est une sous catégorie du délit d’initié ?

    Mais c’est certain, ça fait chaud au cœur cette propagande AC Japan d’appel à la solidarité sur fond de « mieux vivre ensemble », d’identité et d’exception nationale. C’est à regretter de ne pas vivre dans l’espoir d’un tremblement de terre couplée à une catastrophe nucléaire ?…

  3. Eh ben moi, ce qui m’a plu le plus, c’est « le sourire irradiant de ces messieurs ». Je l’aurais bien casée dans un prochain Bla, mais du coup, me restent celles en miroir, du style « déchets radieux », etc. ; mais ça le fait beaucoup moins… Catastrophe : il va falloir réfléchir un peu… Allez, tant qu’il y a de l’eau pas trop mutante pour mon café, je suis content.
    Salutations !

    Au fait, la bannière : souci de copyright ou envie de changement ? Perso, je préférais le menton viril et métallique…

  4. J’adore les kaiten sushis, et un peu de radioactivité ça devrait permettre de compenser un wasabi de qualité par trop économique.

    Maintenant, on trouve des molécules de plastique dans le plancton et la graisse des poissons…le plastique c’est 1000 ans de pollution (contre 30 ans pour le césium 137). On parlera pas des hydrocarbures ou du reste en fait. Mais c’est juste pour crucifier la mauvaise foi de ceux qui voit le diable en l’atome. Il y a bien plus préoccupant ailleurs, déjà, depuis plus longtemps.

    Tout le monde aura son cancer sur le long terme. On sera juste assez chanceux pour l’avoir à une époque où ce sera devenue une maladie comme une autre.
    Sinon je partage tout à fait la vision. Sauf pour le Viron, faut vraiment que j’y aille, déjà 3 semaines que je suis rationné au pain de mie…

  5. @ Onigiri Joe: Tu te doutes bien que certains arrondissements sont plus vitaux que d’autres, en particulier économiquement (Tels Chiyoda-ku, Shinjuku-ku et Minato-ku). On ne peut clairement pas les astreindre à des coupures d’énergie sans menacer l’économie dans son ensemble, en particulier son hypertrophie boursière.

    C’est un risque que les japonais – et d’ailleurs aucun pays que ce soit – ne sont pas prêt à courir. En particulier en pareil moment.

    Sinon, j’ai mes habitudes généralement au Peninsula à Hibiya, ou le Four Seasons Chinzan-so, pas très loin de la station Edogawabashi, sur la Yurakucho sen. Je posterai mes dispo bientôt. En attendant, j’ai à faire dans le Kansai.

    @ lolo: « Oui, ça fait plaisir de voir que tu ne te laisses pas abattre. »

    En même temps, la situation est très différente pour moi, tu t’en doutes.

    Pour autant, cela ne m’empêche pas de repenser mes perspectives personnelles, comme celle du pays, sans vouloir les abandonner. Mais je reste confiant face aux échéances prochaines, sans minorer le risque réel de la situation, ou les nombreuses incertitudes (politiques, sociales) qui ne manqueront d’impacter sur le futur du pays.

    L’heure est à l’observation.

    « Moi aussi j’ai une question : c’est quoi une « information financière de première main » ? C’est une sous catégorie du délit d’initié ? »

    Better information, better choices (et j’ai envie d’ajouter for a better health).

    Par contre, je passe le dernier commentaire, j’ai rien compris.

    @ N: Je compte sur toi pour trouver. Je suis sûr que le combi café + clope + psychose nucléaire donnera assurément de beaux fruits !

    Pour la bannière, simplement l’envie d’essayer quelque chose de nouveau. Bon, là, on va rigoler un peu avec JBL. Mais promis, si je trouve rien de vaguement valable, on reviendra au visage de l’officier Murphy.

    Salutations !

    @ Kaishaku: Malheureusement, vu les quantités astronomiques de flotte irradiée, la dilution risque de prendre du temps, et contaminera malgré tout une bonne partie du littoral et les environs, suivant les courants marins.

    J’ai bien peur qu’il faudra faire une croix sur le poisson du coin (et même plus loin). Ou alors, charger sur le wasabi.

    Autrement, moi aussi j’ai légué mes poumons à Philips Morris, et accessoirement ma bouche à Fidel Castro. Quant au foie, il ira dire merci à lolo ou Islay.

    Alors sur le fond, je suis d’accord, et je suis loin de remettre en cause la nécessité du nucléaire, mais malgré la pollution généralisée, là, je suis pas certain de vouloir en léguer davantage à la mère Becquerel.

    Tokyo, mis à part les particules et poussières portées aléatoirement par le vent, ne risque pas vraiment de contaminations accrues, si ce n’est un peu de résiduel, reste que certaines sources d’approvisionnements doivent impérativement être repensées. Et la veille sanitaire commence dès à présent.

    Mais bon, j’ai bien peur que si au début, les gens s’astreindront d’eux même à suivre les recommandations, voir les devanceront, on risque rapidement d’en revenir aux habitudes, et à la confiance relative vis à vis des produits, ou de l’industrie.

    Et quand on sait que des intérêts économiques sont en jeu, on se doute bien que certains n’auront pas vraiment de scrupules.

    Enfin, faut bien mourir un jour hein. Alors pourquoi pas d’un infarctus de cholestérol en face d’un steak frites chez Viron ?

    Clarence, live fast die old

  6. Pour les pubs AC Japan, c’est simplement que ça a eu l’air d’en exaspérer plus d’un. Mais ça me semble toujours mieux, sur le plan de l’identité nationale, que l’approche de notre ministre de l’Intérieur et de l’Immigration…

    Autrement, je me fais soudain une remarque : c’est pas un peu too much de prendre des photos de son assiette dans un resto au « 36ème étage d’un hôtel de luxe » en plein repas avec des « cadres spécialisés dans l’analyse et les stratégies « marchés » d’une banque d’investissement » ?… Je pose cette question… parce que moi aussi je suis un buse totale.

    Sinon, c’est un « Ricoh CX4 » sur lequel tu as jeté ton dévolu ? C’est bien ? C’est un vieux modèle, non ? J’ai l’impression que tu as utilisé l’option « lomo » sur certains clichés, non ?
    Faut que je change le miens d’APN (une poussière récalcitrante me gâche toutes les photos).

  7. Bon, on commence par quoi… Joli billet! Moins picaresque que celui de la presse helvete, mais finalement dans le meme ton… http://bit.ly/g5M6px
    Finalement, a Tokyo, c’est « business as usual under unusual circumstances »…?

    La preuve? Meme dans notre bureau qui se trouve pourtant a Chiyoda-ku, on n’y allume qu’une partie des neons pour participer aux efforts d’economie.
    En fin de compte et grace a tous ces efforts (et surtout au fait qu’ils ont redemarre deux centrales a carburant fossile et que le rechauffement climatique (pas le global, juste le saisonnier) se poursuit), TEPCO n’a plus eu recours aux coupures programmees depuis 9 jours d’affilee! Reste a voir ce que l’ete et les accrocs de la clim nous reservent… Finira-t-on tous a poil au bureau parce que la clim ne marche pas… A suivre.

    Je serai ravi d’echanger des opinions sur la situation (puisqu’elle va durer) lors de ton prochain passage, aussi je te serai gre de me faire signe lors de plages libres a Tokyo. J’ai quelques bouteilles qui dorment a Golden-gai (qui a une fois de plus survecu a tout ca)… a bon entendeur! Toutes mes amities!

  8. Ce camion ヤマザキ・パン (immortalise par tes soins) sera ma madeleine « post-11 mars »… Apres plusieurs jours sans livraison de pain, j’ai bien cru voir le Messie lorsque le type en bleu de travail griffe ヤマザキ a parque son camion devant notre drugstore pour decharger… Ca m’a vraiment emu que le systeme se remette en place si vite!!

  9. @ lolo: Oui, semblerait que les fréquents passages puissent provoquer l’overdose de trop. M’enfin, pour les irritables, il reste toujours le 2.0…

    En tout cas, clair que question identité nationale, ils sont encore loin d’avoir besoin de Claude Guéant. 😀

    Sinon, tes notions de bienséance au cours d’un lunch « professionnel » font mouche.

    La vérité c’est que nous avions déjà précédemment évoqué le volet professionnel dans le cadre feutré de leur bureaux. Pierre Gagnaire, c’était manière de soigner son réseau, dans une ambiance plus « décontracté », vu que je tenais à avoir un sentiment différent sur la situation (pas vraiment évoquée dans un rapport « personnel »).

    Alors, on peut se permettre de moquer les « flyjin », parler de soi, et prendre des photos. Personne ne pensera à mal.

    De toutes façons, c’est moi qui paye.

    @ A.rnaud: Je savais que celle-là, elle te plairait. Mais bon, je la trouve peut être too much…

    Pour les photos, fais comme swisscheese et sers-toi, c’est gratos.

    @u fromage suisse: « Finalement, a Tokyo, c’est « business as usual under unusual circumstances »…? »

    Pas mal la formule. Oui, c’est totalement ça. Enfin, je ne vais rien t’apprendre.

    Clair que tout le monde va tenir à se serrer la ceinture, énergie comprise. Encore un beau symbole d’unité devant l’adversité. Et ça marchera aussi façon « cool biz », alors prépare les chemisettes à manches courtes et la serviette de bain pour éponger la sueur. 😉

    Pour ce qui est d’échanger points de vue, expériences diverses, et pourquoi pas flirter, je t’annonce officiellement que je serai à Tokyo du 13 au 16 avril prochain.

    Si ton adresse mail est valide, je t’enverrai un mot pour confirmer (Toujours ok pour une binouze, Onigiri Joe ?).

    En espérant que d’ici là, Godzilla sache rester tranquille, afin que le système reste en place et que les livraisons de pain se maintiennent ! 😀

    Clarence, nippon-trotter

  10. Clarence, après Tokyo le 16 tu restes au Japon ? Si par hasard t’es dans le coin de Hakata fin Avril, fais moi signe. Ca me ferais plaisir de causer Bourse avec avec toi autour d’une binouze.

  11. Ah moi, si le dress-code n’est pas impose, j’suis toujours partant pour une binouze. En plus Hibiya je peux y aller a pied en sortant du boulot … donc tard forcement.
    En revanche si tes endroits c’est de la gastronomie francaise, je crois que je vais devoir faire une croix sur le solide (rapport a mon regime).
    Edogawabashi, je connais tout de suite moins, mais niveau distance, ca m’a l’air jouable.

    Sinon, moi ce que je disais sur les economies d’energie, c’etait pas non plus d’aller couper le courant a Shinjuku, mais plutot genre, enlever un neon par-ci, un ecran par-la, sans avoir besoin de stopper l’activite. Apres savoir quelle est l’industrie la plus pompeuse de jus ? Banque ? Transport ? Agro ? J’en sais fichtre rien 😦

  12. @ Shibuyo: A vrai dire, il y a peu de chance pour que je repasse par Hakata. Après Tokyo, je dois aller à Hong Kong pour le travail (depuis Osaka), et ensuite refaire un bref passage en Europe (un peu plus de deux semaines).

    En même temps, je veux bien causer bourse ici et là, mais ça fait cher la bière non ?

    Essaye plutôt de venir sur Tokyo. Ca devrait être plus simple. 😉

    @ Onigiri Joe: Pour boire une binouze, y’a pas vraiment d’obligations vestimentaire non ? Et j’aime autant la haute gastronomie que les hamburgers. Pas de souci non plus de ce côté-là. Par contre, si on pouvait éviter de parler de l’industrie qui pompe le plus d’énergie, ça devrait m’aller.

    Bref, balance un mail valide, on verra ça en privé.

    Clarence, going Kobe

  13. Désolé pour le retard, faut dire que j’étais très occupé, plus que mon humble personne ne le méritait.

    On va être d’accord deux fois d’affilée (ça durera pas, je le sens).

    Dans la famille on en a qui travaille dans des laboratoires de physique nucléaire. Pas celle qui rapporte, celle qui frustre : la recherche sur les particules.
    Je suis comme toi et je ne suis pas fou : je ne ferais pas plus confiances aux vendeurs de Tsukiji qu’à une demoiselle Philippina rencontrée sur une plage à touriste de Cebu…Ah la mer, c’est vraiment dégueulasse !

    En fait, je réagissais plus à rebours, parce que je savais aussi qu’ici on me comprendrait mieux qu’ailleurs. Je n’aime pas les raisonnement émotionnels. Et je trouvais juste que ceux qui sont partis ont flippé pour rien, vue que la contamination par les poussières (celles dont on aura les cartes dans quelques années, quand le mec de Tepco aura arrêté de pleurer et commencera à, enfin, avoir des remords) se fait en « tâches de léopard » comme on dit dans le jargon…et que selon mes sources ça a déjà tapé jusque dans le grand Sud. Pas grand chose, mais évitons les kinoko sauvages…J’ai en plus une haine toute personnelle pour les gens qui préfèrent se voiler la face, mais c’est tout à fait subjectif.

    C’est une crise sur le long terme. Et j’ai envie de mettre une grande mandale à Mme Duflot, mais sur le court terme.

    Faut me pardonne mon excès de relativisme. Pour un scientiste c’est mal venu. Mais je sors d’une période où la médiocrité culturelle a nourri une panique subie au quotidien (vive la galère des premières semaines quand fallait se ruer pendant le rush des Obâ chan power pour avoir du riz et du lait). Ensuite parce que ça la fout mal quand tu vois un Français à CDG dire qu’il a laissé « son restau, son personnel, sa copine » derrière lui…dans cet ordre là.
    Bref, au final on pense pareil. J’avais juste besoin de le dire.

  14. « Bref, au final on pense pareil. J’avais juste besoin de le dire. »

    Pas de soucis. 😉

    Bon bah, si on est d’accord, et s’il s’est pas déjà enfui, viens on va jeter des cacahuètes sur ce type:

    Ceci est une vidéo sur les ravages de l’émotion à faire tourner dans toutes les facs de psychologie.

    Clarence, catastrophiste modéré

  15. Fort, très fort, la vidéo.
    C’est pas tellement hors de propos, la remarque concernant la TV et Sanma…
    Euh, au fait, ça y est (billet à mot de passe), tu commences à t’auto-censurer ? Félicitations…
    ; )

    • Non non, pas vraiment d’autocensure (d’ailleurs, ça devrait être le contraire non ?). Simplement, un juste retour à un peu plus de « privauté ». 😉

      C’est tout de même mon « Diary » merde !

      Clarence, dilettante discret

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