Art of living/BIG IN TOKYO

BIG IN TOKYO 7: Autumn leaves

Art Elevator

Encore un billet Tokyoite.

Désolé. Ça doit encore être ce maudit syndrome…

***

D’habitude encline à m’abandonner fatigué d’avoir couru, Tokyo se laisse peu à peu arpenter tranquillement. Docilement.

Il fait beau, et le soleil réchauffe doucement l’air ambiant.

Frankie Valli et les Four Seasons chantent « Too good to be true ».

Sieste…

***

La ville commence petit à petit à faire sienne la devise d’Hermès, sellier:

« Tout change, rien ne change. »

Et malgré l’envolé du Yen, les pâtisseries de Shiseido Parlor, Ginza, n’appellent à aucune retenue.

Sweets

***

Les taxi-ya, dernier bastion de la masculanité se féminisent peu à peu.

Ces dames viennent parfois de Chine, et ne portent plus de gants blancs.

La tradition fout le camp.

But door still open automatically

***

La pagode du Chinzan-so est désormais enlaidi d’une toile de plastique blanche.

Christo jure n’y être pour rien.

J’ai honte pour le pays des momiji.

Le plastique, c’est fantastique

***

Des putes, un maquereau et son photographe.

Mon soba-ya favori voit la liste d’attente s’allonger, et une clientèle hétéroclite y prendre place.

Yoshiwara fréquente toujours aussi mal Edo.

Soba delicatessen

***

Le rasage est dur. Les mains tambourinant sur mon crâne sans pitié.

Michael Caine monte son Italian Job.

Et l’expérience barbier chez Dunhill tourne à la torture.

Barber Shop

***

Toshinori Wakatsuki est un grand chef.

Et la cigarette fumée dans le jardin garde encore le goût d’un orgasme gustatif.

Aimée Vibert est un foutu grand restaurant.

Go for it !

***

Je suis rentré à la maison.

Une maison froide.

Mais emplie de sentiments chauds.

Miike Snow – Sans Soleil

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15 réflexions sur “BIG IN TOKYO 7: Autumn leaves

  1. Honnêtement, chez Dunhill: NON.

    Trop pro, trop rigide, trop mécanique.

    Ailleurs, genre Londres ou Paris, voir ici sur Tokyo, l’expérience peut être sympathique voir indéniablement nécessaire de temps à autre.

    Par contre, le bar chez Dunhill est sympa.

    Mais bon, je crains que ça soit pas trop ton genre…

    Clarence, petit bourgeois

  2. Je suis en train de changer mes valeurs ces temps-ci donc sait-on jamais. Ca m’a toujours intrigue en tout cas les barbiers.

      • Palet…mon Dieu…PALAIS !
        J’en ai le hockey.

        Non, j’insiste. Le foie gras de la première photo, on le croirait sortie d’une scène finale de « La Grande Bouffe ».

      • Ouais, Senbei est bien connu dans les cantiques de luxe comme l’une des pires langues de putes qui soient.

        On verra quand il ouvrira son restau-route !

        En attendant, c’est vrai que certains plats font une drôle de sensation à l’image. Mais au palais, c’est autrement bon (pour paraphraser la pub).

        Apéritif au champagne Bollinger. Un excellent choix qui tranche au mieux avec les habituel Roederer/Moët/Veuve qui font la pluie et le bon temps un peu partout ailleurs.

        Vin au verre (assez fruité, suffisamment tannique, mais au caractère étrangement diffus) sélectionné sur 5 bouteilles, autrement belle carte, avec une grande variété de cru et d’origines, à des tarifs divers.

        Le foie gras cuit est servi avec un chutney de châtaignes et des zestes d’oranges amer, la sauce relevé avec un brin de curry nippon: Belle sensation entre le fondant du foie gras et la rondeur farineuse-amertume du chutney réhaussé par le curry.

        Suit une crème de champignon de paris en cappucino: Emulsion un brin trop légère, et peut être servi trop chaud, mais au final, cela se révèle léger et plutôt bien imaginé en transition. Reste que c’est le plat le plus faible gustativement.

        Vient le filet de boeuf poêlé, sauce au vin. Excellente cuisson, belle qualité de la viande. Accompagné de confit d’aubergine, assez acidulé, et de pétales frites d’aubergine très légères, façon chips. Une purée de carotte assez aérienne parcours le plat et apporte une note de douceur assez heureuse, et contraste avec l’acidité assez vinaigré de l’aubergine, et la sauce au vin.

        Dessert: Fondant à l’abricot, glace au caramel salé, et une déclinaison d’abricot, raisins secs, ananas poêlés au rhum/beurre/sucre. Rien à dire, c’est parfait.

        Café réglementaire et valable, mais une mention très spéciale aux mignardises: On les choisit via le trolley, et croyez moi, elles sont d’un niveau bien meilleur à tout ce vous pourriez trouver chez des artisans de renommé à Paris. Un délice (il y a même du loukoum de Turquie suivant arrivage).

        Possibilité de fumer dans le jardin, au calme, agrémenté de duvet pour le froid.

        Service excellent, diligent, précis. Pas trop bavard non plus. Pas de génuflexions alambiqués et des réponses dans un français hésitant mais gambarusant.

        Aucunes erreurs notables. Grande salle au décor qui sonne un peu trop faux, mais c’est aéré, dans des tonalités chaudes, et la clientèle est distante de plusieurs mètres.

        Mention ++ au sommelier qui vous tape une cigarette et vous narre ses récentes aventures de stagiaire dans un chais de bourgogne, et le chef qui vient rigoler avec vous à la fin du service, dans une ambiance sensiblement amicale et décontractée.

        2 étoiles au guide du pneu. Addition en rapport (comptez plusieurs 万).

        Clarence, he’ll be back (j’ai promis)

  3. J’ai toujours aimé cette manière que tu as d’aller manger dans des restos où on te sert des plats qui se la pètent, et de prendre ta bouffe en photo comme un simple(t) touriste.

    La grande Classe. Avec des testicules.

  4. Salut Clarence,

    Ca faisait un moment que tu postais pas régulièrement. Faute à Paris? J’adore tes photos du métro et surtout du tunnel. Si au moins ça nous emmenait au train bleu. hélas on a vraiment l’impression de s’engouffrer dans le trou du cul de la déprime.

    En tout cas Tokiow ça donne du peps.

    Des 3000 en fluoboy à Midtown, en mode toujours osef, tu nous fais voyager BALLA status certified.

    ps : à paris ça caille et ça vente, il neige, la neige se transforme en glace boueuse, sur les marchés de Noël le cantal côtoie le riz cantonnais, les chemineaux jouent le joker des aléas climatiques, bref, manque plus que les truffes chinoises et le foie gras bulgare pour clôturer 2010.

  5. @ Alex: Il est vrai que je n’ai aucun sens de la bonne conduite et que je me sens à l’aise à peu près partout. Restaurants étoilés comme kebab de banlieue. Tant pis pour Nadine de Rothschild.

    Dieu merci, cette attitude (à moins que ce ne soit ma personnalité) me vaut généralement beaucoup de sympathie. 😉

    @ Serge: Salut camarade !

    La faute à Paris si je postais moins ? Non, je ne crois pas. Le temps, l’activité, les amis, la famille, le thé au Train Bleu, et autres patisseries avalées ailleurs m’ont tenu plus ou moins éloigné du clavier. L’envie peut être ?

    Mais je dois dire que Tokyo ça requinque, et ça donne du tonus à mes envies de sale gosse, quand Paris peut rapidement se transformer en purgatoire. Coincé entre deux grèves, la sinistrose et des chutes de neige.

    Courage l’ami ! 😉

    @ RP: Moi aussi j’ai envie de te dire « Je t’aime » !

    Mais en ce moment, avec tes otaqueries, je me sens perdu.

    On a hâte de te voir prendre ta revanche, que je puisse prendre des photos ! 😉

    Bon, je vais vous laisser, j’ai de nouveau un shinkansen à prendre. Tokyo, i’m back !

    Clarence, entre deux trains, deux avions

  6. Au risque de passer pour un ignorant, n’ayant jamais mis les pieds dans un grand restaurant, quoi que c’est le bon endroit vu que tu passes d’une pizzeria à un grand restaurant dans un même billet en appréciant les deux, qu’est-ce qu’on attend/recherche en allant dans un restau’ gastronomique ?
    Un gout franchement meilleur ?
    Des saveurs/recettes/mélanges inhabituels ?
    Le tout ? Renommée et service impec’ compris ?

    Je veux dire par là, si le plaisir gustatif ne sera pas « dans l’absolu » infiniment supérieur à celui qu’on aurait en dégustant par exemple une bonne salade de tomates un jour d’été où même les planètes sont alignées exprès pour l’occasion, l’originalité/la nouveauté des saveurs dans un tel restaurant sera, ou plutôt doit-être, la différence par rapport à la nourriture « de tous les jours » (ou du week-end disons) ?

    Car par mmh… principe ? et s’il y a à peu près objectivement des plats et ingrédients meilleurs que d’autres (un filet de sole à la purée de patates douces et sa sauce qui va bien met sa branlée à un jambon-frittes-salade, à moins d’avoir vraiment une sérieuse envie de jambon-frittes-salade), je n’arrive pas à « glorifier » tel ou tel aliment (ou même préparation) par rapport à un autre, à la base tout n’est que produits naturels qui auront le gout qu’ils doivent avoir (c’est à dire très bon) s’il y a le temps et les conditions nécessaires, quelque soit la complexité de la préparation.

    Par exemple quand tu dis des mignardises « elles sont d’un niveau bien meilleur à tout ce vous pourriez trouver chez des artisans de renommé à Paris », j’ai du mal à m’imaginer faire cette remarque (aussi bonnes soit-elles), et je ne saurais dire si j’en suis désolé, ou non (vis à vis de moi même).
    Il y a bien sûr du plus ou moins bon, voir du très bon, mais vient un moment où je suis bien incapable de hiérarchiser quoi que ce soit.
    Bien que ce ne soit pas le propos, j’aurais presqu’envie de mettre un dicton du genre qui dit que ça n’est pas tant les plats qui importent que les convives avec qui on les partage.

    Suis-je blasé ? (possible, probable)
    Ou ne suis-je pas un gourmet ?
    Ou peut-être que la bonne cuisine de mes parents (sans être gastronomique) m’a habitué à bien manger ?
    Ou peut-être devrais-je me payer un grand restau’ un jour histoire d’être sûr ?

    Bon que le chef se rassure, blasé ou pas, gourmet ou pas, ça donne quand même sacrément envie.

    Falk, qui tient juste à préciser que l’avant dernière fois qu’il était à Paris c’était il y a longtemps, et la dernière, quand il neigeait…

  7. Diable, ça poste à tout-va…

    Compliments pour la productivité…ainsi que pour l’estomac, parce que, s’enquiller les 6 pâtisseries lors d’un même repas, moi je dis « Chapeau, l’artiste. »

  8. @ Falk: Qu’est ce qu’on attend/recherche en allant dans un restau gastronomique ?

    Le plaisir. Dans des composantes autrement plus complexes et intéressantes. Un plaisir principalement gustatif donc. Mais qui englobe également celui de l’odorat, de la vue, et qui en plus de flatter le palais peut aussi flatter l’égo.

    Un plaisir autrement épicurien donc. En se disant que l’excellence du service attenant, la décoration feutrée ou luxueuse, le cadre plus que la renommée ou le nom du chef, participent eux aussi à ce plaisir.

    Il y a des chefs qui sont portés sur la créativité et les mélanges, d’autres respecteront le classicisme et la tradition. Dans tous les cas, un grand restaurant, c’est une somme énorme de travail pour garnir une assiette et tendre à un seul but: émerveiller son client avec une envie d’excellence sans cesse renouvelée. Et cela est quelque chose d’éminemment respectable.

    Tu n’arrives peut être pas à glorifier tel ou tel aliment (et pourtant, le filet de sole à la purée de patates douces met une branlée au jambon-frites-salades ???), mais j’espère que tu sais faire la différence entre un steak acheté à Carrefour, et un steak acheté chez un boucher respectable ?

    Entre une tomate sans saveurs d’un étal de supermarché et une tomate du jardin, cultivée par ta grand mère ?

    Entre un Big Mac de chez Mc Donald’s et un Avocado Burger de chez Kua’Aina ?

    Entre un Ramen de la grande distribution et celui réalisé depuis plusieurs générations dans le plus grand respect de la tradition chez Shukaen, Onomichi ?

    Entre une pizza surgelé et une pizza margherita réalisé avec des produits frais par une équipe de passionnées ?

    Entre un steak frites chez Flunch et celui d’une grande brasserie Parisienne (même si de ce côté-là, la qualité se rapproche de plus en plus de Flunch) ?

    Je ne prône pas de hiérarchisation de la cuisine. Tout juste me permettrai-je un comparatif qualitatif sur une même base (burger-burger, pizza-pizza, etc).

    Mais je me garde bien de comparer une pizza (si bonne soit-elle) avec un feuilletée de ris de veau, sauce aux truffes réalisé chez Taillevent.

    Parce que la cuisine, c’est d’abord une histoire de moment, d’envies, et de plaisir qu’il faut apprendre à apprécier à sa juste valeur.

    Autant la pizza (même surgelé, avec une bière, un match de foot et des potes, qui peut parfaitement faire l’affaire), qu’un déjeuner/diner chez Pierre Gagnaire ou Thierry Voisin.

    Alors quand je dis que les mignardises réalisées chez Aimée Vibert sont d’un niveau égal voir supérieur à ce qu’on peut trouver dans de grandes maisons parisiennes, je le fais par acquis de conscience, d’après mon expérience et parce que comparativement, ça se tient et permet d’indiquer le niveau de la cuisine. Et ici, il est élevé.

    Parce que chacun des plats que tu vois ici, dis-toi bien que c’est le fruit intense de toute une brigade (au bas mot entre 15 et 25 personnes en cuisine pour une vingtaine de couverts), d’une recherche culinaire sans cesse réajustée, d’une obligation d’excellence au niveau des produits et c’est au final l’aboutissement même d’une vie (celle du chef: Toshinori Wakatsuki) au sein d’un établissement.

    Pour le reste, c’est une histoire de plaisir (ou non, on peut faire le chichiteux comme Senbei ;p) entre toi et ton palais, mais aussi ton porte monnaie.

    Fais-toi ta propre expérience, mais ne ferme pas la porte de grands établissements au motif que tu serais blasé par la cuisine de maman… 😉

    @ Arnaud: Euh, y’a un malentendu là.

    Il n’y avait que deux pâtisseries sur la table au Shiseido Parlour. Le reste vient de photos prises du plateau où l’on fait son choix.

    Autrement, tout le monde te dira que j’ai un petit appétit.

    C’est généralement Senbei qui finit mes assiettes d’ailleurs.

    Clarence, au grand restaurant

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