Art of living/BIG IN TOKYO

BIG IN TOKYO 6: Succédané

Mori by night

Clacla, pourquoi Succédané ?

Comme ça.

Parce que Tokyo à travers mon blog est finalement un drôle de viatique. Une sorte de purge qui attire un tas de voyeurs creux. Des individus qui ne peuvent s’empêcher de réagir à ma faconde, mes mots, et s’empressent d’obstruer ma boite mail de commentaires à usage unique. Comme si le plaisir que j’ai à arpenter cette ville devait m’être refusé, dans un leitmotiv rassurant pour d’autres.

Amusant.

En attendant hypothétiquement qu’ils viennent régurgiter leur vomi ici, tout à ma joie de provoquer leur rancœur encore et encore, poursuivons plus loin le récit.

Ça aurait tout de même été ballot de vous laisser seuls avec Eric Cantona au guichet d’une banque, non ?

Vroom vroom

Rêves de fer

Bon, revenons à notre récit.

Un récit qu’on reprend à l’hôtel Imperial plus exactement.

Lointain cousin de l’hôtel Overlook et monstre sacré de l’hébergement de luxe à Tokyo.

Un luxe qui faut le dire, a assez mal vieilli. En particulier en comparaison de la concurrence actuelle.

Tout y est couloirs immenses au lustre décati, à l’ambiance pastel foireuse prédominante, où tout porte à croire qu’en y pénétrant, on attrapera immanquablement une jaunisse, récupérant du même coup le teint cireux des lieux.

Pas sûr que l’ambiance tombeau soit exactement ce pour quoi Frank Lloyd Wright avait signé mais bizarrement, c’est aussi toute cette atmosphère singulière qui fait que cet hôtel ne manque pas de charme. Probablement ce génie qui s’incarne parfois dans des bâtiments parfaitement monstrueux.

On se plairait presque à rêver d’y croiser des officiers SS et de séduisantes Mata-Hari du cru.

Qui s’étonnerait alors que la famille Impériale ait adopté les lieux, où que la Diète en ait fait une annexe. Seulement, avec pareille plèbe, pas facile dans ces cas-là d’y obtenir une réservation au débotté. En tout cas, clairement impossible quand on dit s’appeler Roban-san. Mais la chose est un tantinet plus aisé quand c’est un concierge expérimenté qui s’occupe de la chose. Merci à lui !

Overlook at Hibiya

Fooding

Car si en plus du bar et de sa faune, il y avait une raison supplémentaire d’aller y faire un tour, ce devrait être pour le restaurant « Les Saisons », tenu par Thierry Voisin, ex des Crayères à Reims.

L’homme vient d’ailleurs vous accueillir chaleureusement, après une longue déambulation pour trouver l’endroit (pour rappel, c’est à l’étage MF pour MotherFucker), et sa bonhomie un peu contenue tranche avec le reste du bazar. Car la première impression que vous fait le restaurant, c’est d’avoir un peu trop mitonné dans son jus. On est clairement dans le kitsch pas vraiment voulu (Merci François le Grix), avec ses serveurs en livrée Spirou, son maitre d’hôtel en punch perm 80’s, et le cérémonial daté de la même époque. Un avant-goût du Japon figé dans des habitudes que n’auraient pas vraiment altéré l’implosion de la bulle, autant dans les lieux que la clientèle.

De toutes façons, nous, nous étions là pour nous faire plaisir, parler de tout et de rien, de bouffe, de la faune locale, ou pire, snober le tout après avoir naguère embrayé sur les ambitions marketing de notre Peter Falk fromager, et les exploits à la varappe de monsieur Senbei, pendant que je faisais la conversation au taxiya.

A croire que la vision de notre équipage déambulant dans les couloirs, tels des dinosaures partouzeurs de droite dans les travées de l’assemblée nationale aurait sincèrement pu nous valoir l’amitié et le respect éternel de Georges Frêche, il n’y a qu’un pas.

Roban: « Non… Tu crois ? »

J’en sais foutrement rien mais paix à son âme en tout cas.

Heureusement pour notre goute, l’enterrement de Big Georges, et la clientèle du restaurant, il faut dire que Thierry Voisin assure pas qu’un peu en cuisine, faisant rapidement taire les velléités de critique et notre habituelle mauvaise langue.

Dès le départ, on sent qu’on est entre de bonnes mains, avec une carte –vermeille– qui annonce des couleurs d’automnes chatoyantes pour la langue, entre chasse, pêche et tradition, et cueillette de champignons.

Et cette première bonne impression est immédiatement caressée dans le sens du poil: c’est rapidement envoyé, pas d’abus d’amuse-bouches divers pour vous faire poireauter entre les plats, et surtout, des saveurs franches, généreuses, presque simples, et qui  dénotent avec la pompe kitsch des lieux, mais réchauffent le coeur comme un petit blanc du Jura après une gamelle à ski.

Bref, de la haute gastronomie sans trop de chichis, bien exécutée et classieuse, avec des produits d’excellence (et des colverts de Beauce) et un chef aux petits soins pour ses invités.

Ravioles de Homard, Langoustines au beurre et poêlée de girolles, Colvert… Du tout bon !

Couac à l’Imperial

Car pour ne rien gâcher, Thierry Voisin vous fait le plaisir et la gentillesse de venir s’enquérir de votre bien être culinaire. Une attention charmante pas vraiment effectuée avec les autres convives, mais après tout, ils avaient qu’à être Français ces cons !

Par contre, GROS bémol avec le service de nos amis nippons.

D’habitude si enclins à œuvrer dans l’excès de zèle et de style avec mort par Karoshi au besoin, les voilà qui lambinent à leur manière façon open space, se croyant obligé de brûler le temps en gesticulant pour rien, et se permettant de tout faire foirer une fois le chef parti. Les fromages, ok, le pain réclamé plusieurs fois, moyen, mais envoyer les mignardises et le café avant même d’avoir eu le dessert, c’est simplement un drôle de loupé.

Des entremets délictueux

Un loupé qui finit sur une fausse note. Qui aura un peu de mal à passer, surtout que la douloureuse annonce un chiffre diabolique de 66.600 ¥ (ou à peu près).

Lesté de cette malédiction, on fera l’impasse sur la soirée suivante, pourtant promise à de belles conneries: Senbei préférant faire le moonwalk devant la défense mollassonne des « physio » d’un strip club, et où Roban, malgré d’âpres négociations à l’arrache pour un oppai club finira par nous perdre à travers Kabubi-cho. Pour corser la lose, le yakiniku servait de la viande congelée.

Mais Tokyo sait encore se faire désirable parfois.

Dans son manteau d’automne, et à l’écart des lieux de perdition, elle ne manquera pas de révéler ses charmes de velours…

和田アキ子 – どしゃぶりの雨の中で


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5 réflexions sur “BIG IN TOKYO 6: Succédané

  1. Oui moi aussi je multiplie les billets, c’est pour ne pas etre trop a la bourre pour, a mon tour, y faire ma critique gastronomique !

    Par contre, je ne me souviens pas dans la soiree d’avoir entendu a un quelconque moment le nom de Georges Freche s’nviter a notre table … C’etait pendant que j’etais aux toilettes ? Ah bah non, c’est pas possible, je n’y suis pas alle !

  2. @ Eyfiss: Senbei n’est PAS qu’un pétomane accompli hein ! Il a plusieurs arcs à son cou !

    @ Robin: Par contre, je ne me souviens pas dans la soiree d’avoir entendu a un quelconque moment le nom de Georges Freche s’nviter a notre table …

    Respecte donc mon hommage -secret- au plus grand socialiste Français ! Nan mais oh, enculé !

    Bon, et puis fais vite, j’ai hâte de lire ça !

    Clarence, socialiste aigri en deuil

  3. Je ne savais pas qu’il y avait des amateurs de Mc Tyer dans l’Archipel… Je suis peut être moi même figé avec cette idée du drift avec ces reportages sur le Tokyo Auto Salon ! Et je rajouterai qu’il te faudrait ce tee shirt qui fait fureur au niveau de Clignancourt avec le fameux « C’était mieux avant » qui s’accorde avec tous les sujets !

    Bdiddy, Orphélin de son lecteur MP3

  4. Pingback: Phrase de vieux cul n°182 : C’est toujours meilleur dans l’assiette du voisin  « «Your Hero Dies Today.

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