Born into this.../La culture chic et pas cher

Café Picouly

Gordon Gekko is back

Le retour de l’argent méchant

Les marchés sont pas contents. Et ils n’aiment pas le Sirtaki. La Grèce va tout droit à la faillite sans caution bancaire valable. Et la cavalcade des autres PIIGS va se poursuivre sous le regard effrayé d’Angela et de ses contribuables. Tout ça dans un tumulte digne d’une salle de marché, où résonnent les cris d’orfraies d’éditorialistes en tous genre, couvrant les tractations électorales de politicards roublards et entamant le sérieux d’économistes aux chapelles multiples, qui parlent de la nécessité de la « Solidarité Européenne », de sauvetage héroïque ou de retour aux heures les plus sombres du nazisme financier.

Et pendant ce temps-là, notre  jeune ministre du budget tente laborieusement de minorer les faits. Assurément, les comptes publics sont bien tenus.

« You want a friend ? Get a dog ! »

Tu mouilles hein coquine !

Alors voilà que GQ voudrait nous faire croire au retour de Gordon et de l’argent méchant. Une histoire simplifiée où Oliver Stone, en opportuniste qui n’a rien à envier aux Hedgies, nous légendera encore une fois le bien du mal. Mais peut être que Gordon a changé, et qu’il dirait, comprenant toute la détresse dans les yeux d’un Grec:

« Green is good. »

Cela rassurerait probablement le lecteur occidental tourmenté par sa voiture diesel et sonnerait furieusement sexy pour la rédaction féminine du magazine. Et puis question consensus, certain que Vincent Peillon opinerait du chef, lui qui déclarait à Beigbeder, entre deux bouchées de club sandwich au saumon et une gorgée de Coca-cola:

« J’ai une allergie pour les gens trop bien portants »

Vincent, la Gauche Caviar qui s’assume

Assurément, l’occident mérite sa branlée. Et je comprend parfaitement qu’il ait du mal à encaisser. L’idée qu’une sanction, une fessée, une rouste vienne s’abattre sur nos conneries payés à crédit comme le principe de réalité sur des certitudes bien commodes, c’est sûr que ça dérange ! Encore plus quand on a été éduqué par Françoise Dolto, et qu’on insiste pour interdire la fessée aux enfants ou la sanction aux adolescents multi-récidivistes.

Par contre, il faut absolument interdire la spéculation. Si si. Greed is bad. Very bad ! C’est même criminel !

Penseur de demain

Malheureusement, il est à penser que si le financier risque de se voir honni, interdit d’activité, et pourchassé en Europe d’ici peu, le politique devrait pouvoir encore compter sur son adresse en rhétorique pour charmer les foules.

Et tant qu’ils continueront de faire appel aux marchés et à la sphère privée pour renflouer les caisses d’Etats de plus en plus malades, contre intérêts prélevés sur le dos du contribuable, tout ira au mieux dans le meilleur des mondes.

Le socialisme au secours du capitalisme prédateur. C’est beau !

D’ici là que Bono reçoive le prix Forbes des investisseurs… Et la boucle sera bouclée.

T’as vu, moi j’ai tout compris à la bourse. Surtout les biatch !

Bet & Click

Et puis pour continuer sur les histoires de pan-pan cul-cul, l’OL s’est pris une belle fessée bavaroise. Toujours cet imparable réalisme allemand. Quant au Barça, c’est sur celui des italiens qu’il est tombé. Du beau catenaccio à la portugaise.

Le foot, comme une analogie censée des marchés. Où les erreurs se paient comptant. Où personne n’aurait le bon goût de blâmer une équipe d’avoir exploité les failles défensives de l’adversaire, guettant la moindre opportunité de planter un but de raccroc façon hold up ou d’avoir eu les qualités nécessaires pour vaincre son adversaire à la « loyale ». Et seule la victoire a le goût de champagne.

EUROPE  0 – 3  MARCHÉS

Et à l’autre bout du monde, c’est la Chine qui remet les couverts. Shanghai va étinceler.

Le visage radieux de la prospérité qui t’encule

Du coup, je ne me sens pas l’envie d’en rajouter une couche sur les dettes souveraines et leurs conséquences à court-moyen-long-terme, encore moins d’évoquer l’impact indésirable du spectre « solidaire », ou de vous parler du fossé grandissant qui nous sépare peu à peu de l’Asie. Je vous ai suffisamment gavé avec tout ça. Et d’ici peu, ça risque d’être pire…

Et je vous propose également d’oublier les tensions d’une situation sociale au bord de l’implosion, coincée entre volonté politique de récupération de faits divers, et l’explosion dramatique de ceux-ci à travers des médias, qui jouent le jeu électoraliste de Brice et Nicolas, qui risquent de s’en mordre les doigts. De toutes façons, ma femme ne porte pas de burqa et mes maitresses encore moins. Et j’ai pas vraiment envie de suivre ce « trend » là. Il pue je trouve.

Thé, moelleux et bouquinage

Non, je vais parler littérature, et tourner délicatement les pages de livres dans une langueur Proustienne, avec un thé Earl Grey et un moelleux au chocolat. Picouly style as fuck.

Ouais enfin, il s’agit de profiter de ces derniers petits plaisirs « bourgeois » sans prêter attention aux conneries de Vincent Peillon. Parce que demain c’est loin, mais ça ressemblera peut être à ça. Merci Vincent.

Train-train moelleux

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Le Camp des saints – Jean Raspail

Il est écrit au dos « Roman Français Moderne ». Indéniablement, cette charge au vitriol des méfaits d’une immigration apocalyptique, débarquée sur nos plages un beau matin, s’entend curieusement résonner dans la modernité actuelle. Jean Raspail est un auteur maudit. Il est blanc, hétérosexuel, français, royaliste et catholique convaincu, autrement dit une espèce en voie d’extinction. Et ces signes distinctifs-là vous valent le brio d’être vomi par la société actuelle, nourrie au sein par la doxa du multi-culturalisme et de la « tolérance ». Ce livre pose pourtant le fondement d’une réflexion pertinente, même si elle est réduite et fortement caricaturale, autour des questions de l’immigration et de l’identité. Et Raspail n’y va pas avec le dos de la cuillère.  Sa description féroce de la société française, rongés par sa lâcheté et sa veulerie, ses intellectuels et ses tourments coloniaux, ses aspirations à la diversité et sa bêtise crasse,  sa tolérance mièvre et son reniement identitaire, tempérée par un véritable chant d’amour à la patrie, le patrimoine, et des derniers hommes lucides qui se tiendront encore debout, donnera assurément des sueurs froides à ceux qui essuient leur derrière avec un drapeau. A contrario, les ingénieurs informaticiens indiens riront amèrement. Question d’identité. Et peut être de culture ou de savoir-vivre. Allez savoir !

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Les garçons sauvages – William S. Burroughs

S’il est un roman capable de faire frémir l’auteur précédent,  dans un contrepoint totalement branlant, c’est peut être bien celui-là.

Burroughs, halluciné et camé jusqu’aux yeux, brode un panorama lubrique et déliquescent d’un futur fantasmé, ou des meutes de guérilleros adolescents, sublimés dans leur virulitude sexuelle et leur violence d’apollon, s’apprêtent à déferler depuis les profondeurs d’un mic-mac de bidonvilles et de casbah Tangeroise sur un occident perclus dans sa richesse, ses certitudes et sa morale chrétienne. Le foutre, le sang et la came forment des rivières qui aboutissent en cascade et dégoulinent dans des séquences que seul un Jodorowski aurait pu filmer, entre généraux américains adepte du docteur Folamour et crispés sur la bombe et hordes d’éphèbes en cuir, s’infiltrant en loucedé dans le « camp des saints » pour y accomplir leur nuit des longs couteaux. Tout est baigné dans la déliquescence, du vocabulaire à la construction, en passant par le final ou l’imagerie générale déginglée enverrait Lady Gaga faire l’amour avec un morse à moustache. Bref, ça suinte la haine de l’occident et oscille entre envie de mort ou chi-chi.

Oui, sûr que Burroughs et Raspail auraient des choses à se dire avec un fusil.

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Le maître des âmes – Irène Némirovsky

Encore un livre d’identité, d’immigration, de conquête.

Mais si Raspail pleure la mort des envies occidentales,  et l’abandon d’un règne sans combats, Némirovsky prend elle, le point de vue des immigrés. Et dans cette quête du désir, de la soif d’assimilation, de réussir, se niche le propre de l’homme. Et de Dario Asfar en particulier. Lassé de sa pauvreté et de cette fuite perpétuelle qui le jette dans l’exil, avide de cette opulence qui se montre sans se donner, déterminé à conquérir cette France coquette qui se refuse à lui par manque d’intérêt, l’immigré basané pourtant qualifié, soucieux de ses traits et de son teint, va tout entreprendre pour se hisser au sein de cette société, qui dans son hypocrisie générale, feint la possibilité de la réussite mais ferme aussitôt ses portes suivant vos origines de peau et de classe. Et c’est en acceptant sa nature de levantin et en travaillant son image, à l’aide d’intérêts maillés et d’individus de nature proche, que Dario va monter les marches d’un monde qui prétendaient se refuser à lui, mais trahit immanquablement son goût pour l’exotisme, la futilité des plaisirs et sa propension à confesser ses fautes et son angoisse existentielle par la psychanalyse. Dario a enfin trouvé sa voie, il sera le « Master of Souls ». Némirovsky n’a pas son pareil pour conter le ressenti de ses déclassés à peine débarqué du bateau, obnubilés par le regard de la société, ambitieux mais en guenilles, ne possédant rien mais désirant tout, tiraillés entre scrupules et tendances amorales. Avec ce regard aiguisé de la société française, et une acuité indéniable dans sa compréhension de « l’homme », Némirovsky brode une passionnante intrigue, et livre un roman d’une richesse rare.

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Salut au Kentucky – Kléber Haedens

Enfin viens pour finir, un roman gourmand.

En épicurien de la vie, des rencontres, des femmes, des voyages et des expériences, Kléber Haedens nous conte les pérégrinations d’un jeune provincial, dans sa quête de l’envie en pleine fin du XIXème siècle.

Et on se plait à suivre le destin particulier, chahuté, riche,  entre coups de pouce du destin et infortunes diverses, du jeune Wilfrid Dorne. Mais c’est surtout ces manifestations d’opportunisme franc et dénué d’intérêt, où transpire un infatigable optimisme qui touche sincèrement. Extrait:

« – Nathalie aimait le confort de sa maison, ses vêtements, ses voitures. Moi aussi j’aime les étoffes, les bons souliers, le lac et les hôtels d’Aix-les-Bains. J’aime tout cela plus que Nathalie. Mais je ne suis pas le serviteur des choses. Un appartement dans le quartier d’Ainay, cela signifie un appartement, et rien de plus. Je vivrai facilement au Kentucky. Il me restera assez d’argent pour acheter un cheval, un piano et un pistolet. J’aurai encore le ciel et la terre, de nouveaux copains, la fille du chef de district qui sera pudique et sensuelle, et moi-même que plus rien ne pourra changer. »

Merci A.rnaud.

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Et voilà, un billet de plus. Déjà deux ans et demi à écrire ici. Bientôt trois. Et de nouveau, le Japon me rappelle à lui. Il était temps

Promis ma chérie, dès qu’on m’enlève mon attelle, je saute dans un long courrier, je prie pour que le volcan islandais ne se réveille pas, et je suis dans tes bras.

Primary 1 & Riton – Radiates

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19 réflexions sur “Café Picouly

  1. De nada… Content que Wilfrid te soit sympathique… Et j’en profite pour te remercier pour m’avoir conseillé le bon docteur Asfar… (Je m’en vais aller voir Jeannot Raspail)

    61% des Teutons qui ne veulent pas aider les Grecs !!

    Je suis on ne peut plus d’accord avec eux…

    Le foot est un très bon miroir de la société…

    Mon prono : Deutschland über alles !!

    Rhaaah, Gordon !!

  2. Ca fait du bien de te lire Ca faisait longtemps pour ma part. Pas forcément d’accord sur tout, mais toujours intéressant de prendre la température de ton point de vue.

  3. Toutes ces occurrences du mot « fessée », un vrai plaisir, tu sais me prendre par les sentiments.
    Sinon ta critique du Burroughs est assez tentante (et pas uniquement parce qu’il y a le mot « foutre » dedans). Faudra que je voie ça.

  4. Sinon, une question que je me pose en regardant cette couverture de GQ : comment ils font pour faire ces petits carrés de lumière dans les yeux ?

    Et c’est franchement pas mal ce nouveau morceau de Depech Mode. Ah… On me dit que c’est pas Depech Mode… Autant pour moi…

  5. @ A.rnaud: Ouais, et 75 % des français qui estiment que la France vivra la même situation que la Grèce.

    Et je suis on ne peut plus d’accord avec eux !

    J’attends impatiemment l’article de So Foot qui saura faire le lien entre tout ça !

    @ Emmanuel: Oui, moi aussi ça me fait plaisir de te retrouver dans ses parages ! 😉

    Et sinon n’hésite pas à exprimer ton avis ! Le débat entre hommes bien éduqués, c’est le bien !

    @ Olrik: La fessée mon cher Colonel, est au centre de tout. Et il apparait qu’on ne l’ait pas suffisamment appliqué à votre personne, quand on observe vos turpides autour de cet intérêt latent pour Kawase.

    Autrement Burroughs, c’est spécial. Mais je sais que tu es un grand adorateur de « la montagne sacrée » et que ton adolescence digne de l’Alex à l’orange mécanique t’as conduit trop près de l’ultraviolence.

    @ lolo: Je pense que c’est le reflet de l’éclairage du photographe studio.

    Et sinon, c’est vrai que c’est pas mauvais Primary 1 et Riton. Mais j’ai sincèrement cru à un moment que c’était Oldergod le chanteur ! O_o

    Clarence, irradiate

  6. S’il arrivait que 75% des Français aient raison, tu peux être certain que ça serait par pure coïncidence ! Faut pas pousser…

    Un reflet de l’éclairage… Ouais… Pas con… Et pour avoir des lumières d’OVNI, tu penses que c’est la même technique ?…

  7. j’ai tout lu… dis donc, qu’est-ce que tu lis !!! mais je n’ai rien vu… plus de photos, plus de bannière non plus rien, nada, niet ! ai-je tout compris ? es-tu visionnaire ou ne vois-tu rien venir, cher frère ?

  8. @ Clarence

    Ah le Train-Bleu…. quel homme de gout tout de même! J’ai l’impression que tu cherchais une certaine douceur de vivre « british » là-bas, tu étais peut-être même assis à la place de M.Bean quand il est parti en vacances!

    Serais-tu tenté par un changement de nationalité?

    Sinon, les relation sexuelles tarifées sont de l’ordre de la prestation de service, la bourse de la croupe ne connait pas le crise!

    @ Ar.naud

    Voilà de saines lectures, il manque la biographie l’Animal!

  9. Bonsoir Clarence,

    Article très intéressant même si je ne comprends pas toutes tes allusions (au foot notamment). Je n’ai pas assez suivi en détail la situation de la Grèce même si je vois que le marché réagit à grands coups par de simples points de vues sur cette situation.

    Je ne suis pas un expert en la question mais je ne sais pas si la décision de ne pas aider la Grèce soit une solution pour plusieurs raisons. D’une part si la Grèce se retrouve en faillite et à sortir de la zone euro cela impliquera une forte dévalorisation de sa monnaie locale et donc une impossibilité pour elle de rembourser ses dettes actuelles. De plus, la situation n’est pas non plus fameuse sur l’Espagne et le Portugal et je ne pense pas que le marché réagirait positivement en voyant en cette décision un assainissement de la zone euro par un abandon du canard boiteux (la Grèce).

    Je pense que la situation est tout de même grave (pourtant je suis de nature très optimiste 🙂 ) En fait, les modèles de croissance et de développement de ces pays est entièrement à revoir comme l’Espagne qui a tout fondé sur l’immobilier et le tourisme. La Chine brille en effet car elle ne dépend plus simplement des exportations comme certains pourraient le croire mais elle réinvestit beaucoup localement contrairement à d’autres pays émergents et on peut présager une croissance long terme solide malgré quelques bulles par-ci par là. Je vais peut-être sembler excessif mais je me demande même si on serait pas sur une transition comme on a pu la voir entre déplacement du pôle de croissance UK vers US après 45.

    Désolé si tout ça est quelque peu scolaire et réducteur mais j’aimerai avoir vos points de vue.

    ps: Je n’ai pas encore tenté ton coréen Clarence mais je ne vais pas tarder à y faire un tour.

    ps2: Merci pour les livres Arnaud. Beaucoup donnent envie d’y jetter un coup d’oeil.

  10. Ahah, Burroughs, faut vraiment que je lise.
    Pourquoi ?
    Parce qu’avec Miller et Kerouac c’est un des écrivains que Bukowski – un de mes maîtres à penser avec Zemmour et Naulleau- le pense comme son véritable ennemi.
    Donc je me dois de lire ça.

    Pour le Japon, je me suis mis un petit Buk’ justement, Le « Ragoût du Septuagénaire », un petit « Festival de la couille » de Palahniuk, et tiens, pendant qu’on y est, un gentil et coulant « Courir à trente ans de N. Rey. Qui ne s’annonce pas fameux, je ne le cache pas.

    Eyfiss, littérature de clodo.

  11. @ Serge et Parrain Jacquot :

    Bon, je vais rétablir l’atroce vérité, encore que celle-ci était plaisante : concernant les chroniques littéraires, je suis innocent…

    La seule chose pour laquelle je plaide coupable, c’est de lui avoir offert le fort joli livre de Haedens (livre dont il a, d’ailleurs, lachement, tenté de se débarasser dans un hall d’hôtel)…

    Et là où tu es impardonnable, Reune, c’est que tu devrais savoir que moi, en ce moment, hors le Draft, mes deux téléphones, la lecture de « World war Z » et l’écoute de Dir en Grey, point de salut !

    Sinon, Serge, je souscris, encore que nos amis U.S., à mon sens, ils n’ont pas dit leur dernier mot… Sur la Grèce, comme l’a dit un célèbre minarchiste, c’est un peu comme au foot, tu ne vas payer une fortune un remplacant qui est marié au banc de touche et qui n’apporte rien à l’équipe (même pas des filles de joie)… Puis, je n’ai pas l’impression que les Grecs veulent faire amende honorable…

  12. @ Lolo: Pour une fois que les coïncidences sont heureuses, tu vas pas me faire ton rabat-joie !

    Enculé *!

    Et arrête d’écouter les mini moni, c’est pas bon pour tes oreilles. Ma maman te recommande la playlist de megane. Ca, c’est classe.

    @ Lucia: Heureux de te retrouver à bord du nasty diary Lucia ! 😉

    @ Reune: A y réfléchir, j’étais situé pas très loin. Je crois pile poil sur la chaise face à la dame qui voit son sac souillé par des huitres. Pour le changement de nationalité, NON. Je suis rital et je le reste !

    Et heureusement que les escort-girl savent encore apprécier la valeur de l’offre et de la demande. Sinon, où irait le monde ?

    @ Serge: Bon, pour le plus grand plaisir des amateurs, je vais continuer l’analogie avec le foot.

    J’espère que tu aimes ça, autrement, je reviendrai « plus » sérieusement.

    Résumons le match actuel (CGB like – ATTENTION C’EST LONG):

    Actuellement, la situation de l’équipe européenne est véritablement dramatique. Le joueur Grec, qui joue ce soir en défense, est à la rue. Tout ça parce qu’il a menti sur son CV, et qu’il affiche des carences structurelles qui sautent aux yeux, et que les capacités de ces poumons économiques sont clairement minables. Il en chie méchamment sur le terrain.

    Et le rapport médical de sa médiocrité a été violemment mis en lumière par la crise, un docteur impassible et intransigeant. L’équipe Europe qui l’a recruté s’en mord les doigts, car on avait fait le cruel pari de penser qu’au contact de bons joueurs, ses défauts se gommeraient avec le collectif. Aujourd’hui, au regard de ses performances, le staff au complet regarde avec fébrilité le reste du banc de touche: Un portugais, un espagnol, un irlandais…

    Déjà avertis et sanctionné par les avertissements des agences de notation (le quatuor d’arbitres du match), le joueur grec s’est vu devenir une cible de choix pour les attaquants d’en face, parce qu’il permettait à travers ses nombreux défauts de tester et d’attaquer la valeur de l’eurozone et de ses principaux indices. Là, c’est clair, le signal, c’est droit au but !

    Mais au fond, en attaquant du côté du joueur grec, c’était le capital but de l’Allemagne qu’on entamait, et c’est au fond toute la mécanique de l’équipe qui en pâtirait. Et là, les marchés ont marqué des buts. Menant largement au score. Depuis les tribunes, Gert Muller enrage.

    Pour éviter la situation de faillite, autrement dit la défaite, le Grec a clairement besoin de se doper pour tenir. Et pour ça, il doit se fournir en liquidités auprès des marchés, en promettant que sa restructuration prochaine pourra payer les intérêts, tout en respectant les délais inexorables et de plus en plus courts réclamés par ses dealers. Or ses besoins en came s’avèrent chaque jour plus gigantesques. Et les dealers du marchés sont soumis à l’aversion au risque: moins le camé est solvable, et cumule les problèmes et les handicaps pour payer et rembourser, plus le choix de lui filer la schnouff se révèle difficile, voire indélicat. Alors plus l’évidence d’une faillite par overdose se rapproche, plus ce choix se révèle négatif. Seuls restent les dealers les moins scrupuleux, prêt à prendre ce risque, qu’ils compensent par des taux usuraires élevés, mais ils exigent pour cela une caution solide en plus de la rolex allemande.

    En caution, l’union européenne et le FMI ont décidé d’apporter à notre drogué quelques 110 Milliards d’euros d’aides diverses, principalement en méthadone et subutex (et de la coke quand même histoire de le stimuler). Pour trouver cette came, on fait de nouveau appel aux dealers principaux: Les marchés. On décide donc d’augmenter nos propres déficits, d’emprunter de l’argent dont les intérêt seront remboursé par NOS contribuables, pour en donner à un état malade au bord de l’insolvabilité (qui ne va tarder à y arriver malgré tout, révélant la stupidité patente de l’action), et tout ça pour lui permettre de rembourser simplement ses intérêts et garantir les avoirs détenus dans ce pays par des secteurs essentiellement privés (le socialisme au secours des riches, on appréciera ou pas).

    Tu comprends un peu l’analogie ? 😉

    Et plus sérieusement, cette situation va forcément NOUS conduire à payer pour l’Espagne, pour le Portugal (imagine les montants), etc, etc, alourdissant d’autant la dette d’une zone Euro déjà fortement grevé par les propres efforts de nos gouvernements pour soutenir leurs industries face à la crise. Clair que nos indices boursiers vont dégueuler et qu’on subira de plus en plus intensément la compétitivité de zones devenues redoutables (la zone Asie tiens).

    En gros, en plongeant pour aider le malheureux grec, qui tient la main d’un espagnol, lui même tenant un portugais, un irlandais and so on, tout ce petit monde étant en train de se noyer, on risque tout simplement de se noyer à notre tour, où au mieux, d’arriver à se maintenir avec difficultés à la surface.

    C’est ça, de la jouer collectif. Tout le monde perd ensemble.

    Et quand on prend le bouillon, tout le monde boit la tasse.

    Mais là, c’est pas simplement un match de foot.

    Le prix de cette incurie va nous coûter très cher et très probablement ruiner l’ensemble de la saison. Et celle-ci risque d’être très longue. Bientôt, c’est la Chine qu’on va rencontrer, et cette équipe impitoyable ne pardonnera rien. Les parieurs nous annoncent à 10/1.

    Alors faisons le constat inverse:

    Et si les pays européens structurellement plus solides (France et Allemagne en tête) avaient choisi de ne pas faire jouer la solidarité, mais accepté d’inévitables pertes pour une partie de leur secteur privé (avec les conséquences inopportunes qui vont avec) et resserré le cadre exclusif d’une alliance opportune, que ce serait-il passé ?

    Bon, il est indéniable que l’idée aurait fait grincer plus que des dents et l’affaire est compliquée. Sans parler que ça aurait tangué chez les dealers, particulièrement ceux des pays « lâchés ». Et puis les autres joueurs aux performances en dents de scie aurait menacé de représailles le club, aidé en cela par des avocats de la cause publique. Peut être même que les supporters des joueurs y auraient été de leurs menaces, aux cris d’infamie. Sans parler de la perte de joueurs, certes médiocres, mais qui auraient affaibli certains postes industriels laissés sans remplaçants. Il faudrait encaisser une baisse des spectateurs, la grogne des investisseurs lésés, et de gros problèmes dans la structure même du club. Moins de bureaucrates, et tutti quanti. La bonne vieille logique de pertes et profits quoi.

    Mais si on montre du courage ou ses couilles pour affronter l’avenir, et agir en profondeur, premièrement, on aurait alors viré le joueur Grec de l’équipe EURO. Il est inévitable qu’une fois sorti de l’équipe, le Grec est mort économiquement, et envolé le crédit international, mais avec ça au moins, plus de problème de dopage. Par contre, c’est le retour à l’âge de pierre pour lui, l’entrainement pied nus sur un terrain digne d’un bidonville africain et son RSA de chômeur lui est versé en Drachme. Autant dire pas grand chose. Désormais son avenir est entre ses pieds: A lui de se muscler, et de rebondir avec ses moyens pour espérer faire un jour comme le joueur Coréen.

    Donné pour mort en 1998, celui-ci a réussi à revenir dans la partie et désormais, tous les meilleurs clubs lui font les yeux doux. Mais ça s’est pas fait sans sacrifices…

    Et puis honnêtement, le joueur Grec, WHO GIVES A SHIT ?

    Après, l’épuration (oui je sais, le terme est horrible) passe par la vidange du portugais (pardon Lucia), l’espagnol et la surveillance drastique des autres, avec menace de licenciement à la clé si les résultats suivent pas.

    La belle idée du collectif en prend un coup, c’est sûr. Mais ça donne des résultats: l’équipe Europe redevient compétitive, resserrée autour de son charismatique joueur allemand, Angelo Merkel. Elle est plus riche (l’euro s’envole. Je sais, ça a aussi son petit côté désagréable quand on veut vendre ses tickets à l’étranger), et mieux armée face à la concurrence, désormais, elle attire même des sponsors qui souhaitent investir dans le club, et veulent apporter leur contribution pour rénover son stade qui a un peu perdu de son lustre. Sur le gazon, les joueurs couvrent moins de terrain, mais ils ont appris à muscler leur jeu en améliorer leurs capacités structurelles, en s’inscrivant à développer leurs qualités, et en travaillant davantage sur le fond de jeu. De plus, moins alourdis fiscalement, les joueurs, qui ont accepté des salaires plus faibles, et une retraite moins généreuse, ont retrouvé le goût de l’effort. Mais tout ça est obtenu sous la férule d’un entraineur féroce, et pas sans sacrifices de l’ensemble de l’équipe. Certains ont des qualités naturelles, et un passif utile pour passer ce recadrage violent, d’autres non, mais une fois digéré l’entrainement à l’italienne, les résultats semblent encourageant. De toutes façons, la déchéance du joueur grec, mendiant à la porte du club et pris en exemple par le coach pour motiver ses troupes, fouette l’égo comme pas deux.

    On se remet de nouveau à parier sur elle à l’avenir. Elle a ses chances dit-on dans les milieux. Et puis, fini le dopage. Retour à une rigueur budgétaire plus « clean ». La crise est passé, les joueurs sont confiants…

    Mais bon, je raconte des conneries hein, et je rêve tout debout ! Ca n’arrivera probablement jamais. Mais j’aurai été président de club, et c’est ainsi que j’aurai agi.

    Car là, on vient d’annoncer que l’équipe européenne avait prolongé le joueur Grec, et filé un complément de salaire pour ses performances pourtant décriées. On murmure même que les autres joueurs remplaçants (clairement handicapés pour certains) vont bientôt obtenir le même traitement.

    Le déficit du club est de plus en plus patent, les supporteurs doivent maintenant mettre la main à la poche, alors qu’on murmure qu’ils vont probablement jouer en division inférieure d’ici peu.

    Ah si, il se dit aussi que le joueur allemand, lassé des contre-performances minables de ces coéquipiers et des critiques internes sur ses qualités d’attaquant, alors qu’il est l’un des rares à encore payer sa cotisation de licencié, pourrait être amené à changer de club pendant l’intersaison. Il rejoindrait peut être le Bayern de son coeur, qui joue chaque année en Champion’s league…

    ………………………………………………………………………………………..

    Bon, là, j’ai fait un petit délire explicatif, au pire, j’y reviendrai plus sérieusement.

    Autrement, et sur la question des dettes souveraines (avec l’exemple du Japon) et du déplacement de la prospérité sur la zone pacifique, il faut lire ça (REUNE NE LIS PAS CA !). Il y a d’excellentes contributions dans les commentaires, c’est rare sur Drink Cold.

    PS: D’ailleurs hésites pas à me faire ton retour sur le coréen ! 😉

    @ Eyfiss: Essaye Fante. C’est moins bouffon que le vieux Buk’, trop dans son rôle. Je te balance un sms pour mes dates, c’est toujours pas fixé. Au pire, tu m’attendras un peu ! 😀

    @ A.rnaud: Merci de rétablir la vérité ! Je sais d’instinct que tu vas aimer mon analogie footballistique. 😉

    Clarence, journaliste à l’Equipe

    * C’est pour coller à l’ambiance « stade »

  13. J’ai entendu Marc Touati* dire à la radio, au sujet du cas grecque : « On a laissé la situation en Pirée ». J’ai l’impression qu’il ne mesure pas que le problème s’étend à tout le pays !

    *« Marc Toutati est à l’économie ce que Jammy est à la science. » source Wikipedia.

  14. C’est le moment de réquisitionner les trillions de dollars sur compte off shore, 30 à 50% de la richesse mondiale.Au passage on prend une petite valise…pour service rendu.hé hé Gordon Gekko is back
    Je vois bien un Espagne – Argentine pour la finale de la world cup – une pièce sur la slovénie car c’est une équipe à l’ancienne, une bande de copains. Et depuis que Valbuena est là, je veux bien miser sur la France en quart.

  15. J’étais persuadée que cette situation allait signer ton retour, j’avais pas eu le temps de passer lire ton avis.
    suis ravie de passer si tard, j’ai mieux compris la situation avec l’analogie football ( comme quoi suivre les coupes du monde ca a du bon).
    Je gardes ton dernier livre dans ma liste à acheter lors d’une sortie dans une ville civilisée.
    profites bien du japon

    Ps: c t quoi cette attelle?
    Millie, retardataire éclairée

  16. En parlant de rital (le lien est très ténu en fait), Mike Patton a récemment sorti un album de reprises de chansons italiennes des années 50-60, intitulé « Mondo Cane », où il est accompagné d’un orchestre, de chœurs et d’un ensemble.
    Si une écoute des originaux serait probablement indispensable pour juger du travail accompli – ce que je n’ai pas fait – le résultat est plutôt carrément convainquant, les capacités vocales impressionnantes du chanteur de Faith No More (entre autres) envoyant un rendu à la fois sincère, ironique et un peu anachronique. Reste à voir ce que ça donne sur la longueur.

    Il donne super faim ce moelleux…

  17. Ah l’allusion footballistique… Je l’ai maintes et maintes fois entendue et je ne m’en lasse toujours pas ! Surement parce que je suis sportif dans l’âme ! Et lorsque que je me rend compte que mon équipe est à la traine, je fais grise mine ! Et je me retrousse les manches pour aller au charbon ! Malgré mes problèmes de santé !

    Il est bon de voir que la lecture a toujours du répondant ! Moi qui aux premiers abords n’est pas forcément la cible de ce marché au grand dam de ma mère même si je l’ai surpris il n’y a pas très longtemps avec quelques références dont elle n’avaient pas idée ! Mention spéciale au Kentucky surtout pour notre amie Charlie et pour le maitre des ames qui assurément me touche au plus haut point !

    Pour finir avec le péril Grec, je pense que tu étais l’une des seules personnes que je connaisse qui en avait conscience et dont on ne voulait pas entendre l’avis ! C’est sur qu’il est plus facile de dire à tout le monde que tout va bien se passer alors que le bateau coule par le fond ! Et comme tu le dis souvent, ce n’est que le début des hostilités ! Et ce n’est pas avec nos retraites que l’on risque de se faire des vieux os…

    Bdiddy, Gettin’ old

  18. Pingback: La situation économique européenne considérée comme un match de foot « Le Mur de Laine de Briques

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