Art of living

Pourquoi le Brésil ? Part 2

Shinjuku au lointain...

Shinjuku au lointain

De la notion d’honneur et de Seppuku

En tendant mon passeport à l’agent des services d’immigration, mon palpitant s’emballe. Voilà des années que j’ai fui ce pays, conspué de honte et honni de tous. Mais plus que le rouge de la honte, je m’inquiète surtout des probables répercussions sur un nouveau séjour plein de promesses…

Dans un grand sourire, l’agent me remet mon passeport et me gratifie d’un « welcome in Japan », levant le principal obstacle à mon séjour. Dans un soulagement, je fais signe à l’architecte qui me précède, tout va bien.

Je suis de retour, après bien des années, et cette fois-ci, je reviens par la grande porte. Le géant nippon du secteur sait se montrer large, nous sommes logé au New Otani, et des chauffeurs au garde à vous brandissent des pancartes à nos noms. Je mesure le chemin parcouru, la revanche est éclatante. L’architecte en charge du projet m’a recruté sur la foi de mon premier voyage et pense tirer bénéfice de mon expérience. Le con, s’il savait…

Cowgirl game

Cowgirl game

Dès le départ, nous avions compris que les jeux étaient fait, à travers un cahier des charges hautement compressif, si bien que l’ensemble sonnait comme cette fameuse combinaison perdante: « 8-9-3 ». Mais l’appât d’un gain possible, et l’intérêt à s’offrir une nouvelle clientèle réputé intransigeante mais solvable ont fait le reste. Seulement ici, pas question de jouer la notion « design », n’est pas Frank Lloyd Wright qui veut. Ici, ce qu’on voulait c’était du tangible, et surtout récupérer cette touche « française » qui met si bien en valeur le moindre produit. A défaut de s’être mis au « franponais », le pool d’archi’ espérait surtout une compensation généreuse à leur bridage créatif. Mais en face de nous, une équipe soudée, inflexible, une vague jaune aussi « scélérate » que les estampes d’Hokusai et qui entend bien faire jouer la partition au centime près. On s’inquiète alors des dégâts sur l’image, on s’inquiète des défraiements, on s’inquiète de la politesse qui laisse entrevoir un spectacle final pas vraiment glorieux, alors on me laisse chiffrer. C’est connu, les archi’ ont toujours préférer s’abandonner aux rêveries, l’arithmétique et l’argent, non merci. Dès lors va s’engager une bataille de chiffres, constamment remis en question par la partie adverse. Malgré la rigidité des rapports, on en oublie pas qu’il faille nous faire revenir, et se faire désirer d’autant. Alors on trimballe tout notre petit monde de bar en restaurants, pour les plus curieux et les plus endurants, les soirées se finissent au Kyabakura. Devant le laisser-aller chronique de mes amis architectes, mariés et fidèles, on préfère s’intéresser au jeune ambitieux. Qui plus est quand il semble comprendre les subtilités du mot « soap-land ». Commence alors pour moi l’apprentissage feutré du vice au Japon.

Izakaya rendez-vous

Izakaya rendez-vous

Une valse à deux temps

J’étais pas né de la dernière pluie, le vice, c’était déjà un dada en Europe. Mais l’apprentissage se révèlera plus qu’étonnant. Au Japon, le petit jeu des rapports professionnels s’effacent à la faveur du whisky coupé à l’eau, et des charmes échancrés des hôtesses. A l’aune de cette nouvelle intimité, j’en apprend plus sur mes interlocuteurs, et prend conscience du probable intérêt à conserver des « dossiers » sur ces honorables dirigeants. Je suis encore bien naïf…

Je découvre bien vite qu’ici, personne ne semble se soucier d’afficher des préférences dans les rapports sexuels tarifés. Que les épouses de ces honorables messieurs, sont pour la plupart au courant, et laissent faire, s’exemptant ainsi du sempiternel devoir conjugal. Tant que l’étiquette est respecté au bureau, et que la vie privée ne s’y infiltre pas, une tolérance relativement bienveillante s’installe.

Moi, j’ai les mains moites, à attendre dans cette antichambre cossue. Ma présence, je la dois pour beaucoup à mes « gentils » hôtes, qui auront palabrer cinq minutes pour me faire accepter, et malgré ce patronage encombrant, je suis excité. Une jeune femme se présente, elle est légèrement surprise, mais les mécanismes de la profession reviennent très vite. Je me laisse conduire à 90 minutes de plaisirs sexuels sans pénétration, le tout facturé à 28000 Yens. Les japonais, devenus familiers, ricanent.

Rapidement, la découverte de cet univers interlope développe chez moi des habitudes viciées autant que ces établissements cherchent à fidéliser leur clientèle. Tout est exagérément professionnel, et comme des fruits vénéneux, les femmes sont diablement bien mise en valeur, belles et remarquablement intelligentes pour certaines, semblant parfaire à l’envie ce fameux degré d’exigence tout japonais.

Chaque nuit amène son lot de nouvelles rencontres, et depuis ma chambre d’hôtel, je n’ai plus qu’à me faire envoyer la marchandise. Mes finances sont au plus mal, mais l’attrait sexuel est plus fort, et je me ruine en cadeaux pour conquérir autre chose que des chattes. Dieu merci, il est temps de sonner la retraite. Les tractations ont bien avancé, et tout le monde a remarqué mon excellente entente avec les nippons. Le chef de projet me lâche: « C’est toi qui chapeautera le projet à l’avenir, tu reviens dans un mois à Tokyo ! ».

TTC – Ebisu Rendez-vous

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9 réflexions sur “Pourquoi le Brésil ? Part 2

  1. Si c’est pas honteux… Ha, quand on lit ce qu’on lit et qu’on entend c’qu’on entend, c’est bien peu de choses de penser c’qu’on pense…
    Tu couches pour réussir, toi, Clarence, le modèle d’une génération d’internautes, le parangon de la délicatesse, le héros de ma propre mère?
    Rha!

  2. j’etais venu mettre un commentaire inutile dans le post de ton groupuscule et là, je vois que le Bresilien est de retour… tant mieux !
    quand ça cause saloperies, je me sens plus à l’aise et plus bavard … faut dire qu’entre le Todd et le Zemmour, c’est pas très bandant (quoique Eric et ses races, c’est un peu Feric et ses crasses).

    J’aime ce Japon , un peu cracra, un peu deglingué loin des soirées avec Starwax et des dindes à fourrer pour thanksgiving comme on peut voir chez notre DIY manager.

    Mais ce soir, je n’ai pas trouvé de ROYAL CLARENCE…
    Ce post a fait l’effet en moi d’une demi-môle… je sais qu’il y a mieux comme site pour se palucher, mais je suis resté un peu sur ma faim…peut-etre à cause de la présence des architectes….
    pas mon monde tout ça !

    alors ? et de 1…de 2….et de 3….zero pour le Brésil ?

    Je souhaite une PART 3 digne du « seigneur des anneaux » : le RETOUR DU ROI.

    Feric, latitude zero.

  3. Oh tu sais Bebop’, autre pays, autres moeurs…

    Alors, parfois, il faut savoir donner de sa personne. Les héros aussi ont leur point faible. Mais je reste persuadé que ta maman me pardonnera ! 😉

    Feric, tu vas pas te mettre à chialer parce que Clarence ne filme pas Roppongi « Autrement » ?

    Alors sûr que des architectes à la bonne conscience n’ont rien de marins sevrés au bromure et largué en perm’ dans l’enfer des « Yellow cab »…

    Moi, j’attend encore une fois le leadership de Feric à ce sujet.

    A moins que tu préfères qu’on travestisse la réalité, histoire que ça colle avec l’image qu’on s’en fait.

    Seulement, à Tokyo comme à Paris, y’a pas plus de Roi qu’il n’y a de princesses, pas plus de dindes à fourrer qu’il n’y a de « Maitre YakuZa » français…

    Clarence, « true » player

  4. [Et parlant architecture avec emphase, il me dit que j’etale ma culture…passons…]

    C’est vrai que ca manque un peu de percutant, mais si on joint les parties 1 et 2 et qu’on colle le scenario de Macadam Cowboy, en surimpression, ca passe. j’espere juste aue ca fini pas comme le film.

    http://fr.youtube.com/watch?v=jMoXQOmIcgo

  5. bon, les garçons, je voudrais m’élever… d’abord j’ai cru que c’était New York et Central Park… puis, j’y ai lu que ta deuxième approche du Japon fut sexuelle, enfin… je ne sais si on peut dire sexuel dans ce cas-là. Ton honnêté t’honore (euh… l’ai-je bien dit ? écrit surtout, les doubles consonnes c’est ma hantise) : tu dis tout haut ce que beaucoup font tout bas ! très très bas. Sinon, pour te tenir au courant C… se révèle une élève hautement cultivée (artiste au demeurant) : elle est déjà… prise… euh… (par un peintre, ou un homme très très célèbre) et toi, de toute façon, t’es déjà marié !!! si je m’en réfère à la photo du Brasil n°1.

    Lucia, qui se débat dans la paix des ménages.

  6.  » Reçu fort et clair  » pour ta reponse , Clarence.

    Ton feuilletton bresilien n’a pas besoin d’être travesti…. de toute façon, on s’en rendra compte de tes « mythoneries ».

    Après tout, c’est ton Japon à toi…
    On a tous vécu des trucs differents dans ce pays et c’est pas la peine de monter ça comme un episode de « koh lanta » ou  » l’ile de la tentation » (ohhh Feric, la gueule des references !), c’est à dire faire des histoires pleins de rebondissements avec les seules 3 min. d’action de la journée….LE RESTE A LA TRAPPE !

    en ce qui concerne mes histoires de « one piece » version bromurisée, ben , j’ai la flemme en ce moment… pourtant il y aura du petit cul de hooters en vue , pour noel peut-etre.

    En fait, comment as-tu fait pour ecrire un post salace si….plat !
    Comme le suggère LUCIA, tu le dis peut-etre trop haut….
    c’est l’effet  » femme de joie  » en escale surement.
    baise à la chaine, penetration pour l’hygiene sexuel, vidange de c… sans saveur.
    du coup , on a du cul presque aseptisé.

    on verra bien ma version « navy » à Cuba…..

    FERIC, touche-pipi chez les bourges.

  7. Je me laisse à chaque fois surprendre Clarence par cette facilité déconcertante avec laquelle tu m’entraine au gré de tes mots dans tes vistes, tes découvertes et tes plaisirs.

    au fait, juste pour que je saches ca fait combien 28000 yens en euros? et en minutes le rapport qualité prix c’est rentable ?

    Millie, terre à terre …

  8. Lucia, au moins C. elle me comprendrai, elle aussi a couché pour réussir.

    Sinon dis-moi, tu risques d’en faire une série des tâtonnements de C ?

    Senbei, mon soleil de provence: La mienne d’histoire a une issue heureuse. Mais je prend toujours les chansons de Harry Nilsson à défaut des cowboys.

    Millie, merci.

    28000 Yens au dernier cours, ça fait 235,64 €. Pas forcément cher payé pour la qualité du service et la beauté de la demoiselle.

    Mais les filles, elles, peuvent toujours donner rendez-vous à leur « Host » favori.

    Dans cette société de consommation, tout est à l’avenant…

    FERIC: « En fait, comment as-tu fait pour ecrire un post salace si….plat !
    Comme le suggère LUCIA, tu le dis peut-etre trop haut….
    c’est l’effet ” femme de joie ” en escale surement.
    baise à la chaine, penetration pour l’hygiene sexuel, vidange de c… sans saveur.
    du coup , on a du cul presque aseptisé. »

    Difficile de dépeindre des émotions intenses à Tokyo, la capitale du sacro-saint « customer satisfaction », et où le sexe est aussi aseptisé que les consciences. Mais si on ajoute à ça la répétition, on transforme vite l’épisode en « mécanique des fluides ». Comme une nouvelle impression floutée de cette mégalopole.

    C’est vrai, j’aurai pu égayer l’article, faire croustillant, faire genre, comme chez Endemol, avec un montage haché et une musique adéquate, mais je n’en avais pas l’attrait.

    Alors tant pis, faudra prendre ces foutues lignes comme ces minutes où on présente dans un énième flashback ce candidat jaune devenu barbu et famélique.

    Clarence, en souffrance sur un tronc d’arbre

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