Art of living

Clarence, rat des villes

Patrick va vous apprendre à plumer le pigeon !

Patrick, chip leader d’opinion, peut-il vous apprendre à plumer le pigeon ?

Est-ce que je me rase ou pas ? J’ai des putains de cernes sous les yeux, la dégaine d’un mec qui se prendrait pour Donny Brasco avec des cheveux trop longs. Et puis, ces sapes, là, je sais pas…

Ato Matsumoto, c'est trop Hype ?Paul & Joe, c'est pas un peu "too much" ?

Ato ou Paul & Joe, même dictature de la « hype »

C’est fou ce qu’on s’inquiète quand on va rencontrer quelqu’un pour la première fois. En particulier cette fois-là. J’enfile mon jean. Uniqlo pour le coup. Je fume une Lucky. Quand j’ai commencé cette correspondance avec lolo, je n’aurai probablement jamais imaginé qu’elle déboucherait sur quelque chose d’aussi « concret ». Comment en est-on arrivé là ?

Tout a démarré d’une simple question, à mon initiative, après mes lubies de « sale » bourge. S’en est suivi un développement souvent mâtiné de recul ou pas sur Clarence, d’insolences joyeuses, et de beaucoup de réflexions, quand cela ne finissait pas en prises de tête. L’inspiration sous-jacente de cette correspondance: Clarence est-il un tocard ? C’était à ça que je réfléchissais dans le train qui m’amenait chez le bonhomme. Quand soudain, le doute m’assaillit. Et si l’enfoiré s’était foutu de ma gueule ? Et si c’était lui, le « tocard » ? Je réfléchis, j’en étais de plus de 100 euros de billets de train, de macarons Ladurée, et comble du meilleur, j’avais dévalisé le Relay pour fourbir l’ennui si celui-ci venait à pointer sa gueule. Je parle des clopes ?

L’individu m’avait prévenu, il n’était pas très loquace du téléphone, et « IL » me ferait signe sur le quai d’arrivée. Rassurant non ? J’en venais presque à me maudire de ma propension à foncer dans le tas. La vérité ? Je ne savais pas grand chose de l’homme au fond, et l’anonymat relatif des relations internetisées semblent aussi vicieuses qu’un Italien dans une surface de réparation (Ravanelli inside). Alors comment faire bonne figure si on m’avait fait un coup de « pute » ? De toutes façons, trop tard, je suis arrivé. Premier réflexe de citadin, je téléphone, pas de réponse, et un répondeur sans âme. Je ne m’inquiète pas, j’ai confiance en l’homme. J’ai confiance en lui. C’est rare.

Je patiente. Finalement, il m’appelle, il est en chemin, il y a des embouteillages. Je suis rassuré, je n’ai pas fait le voyage pour rien. Le soleil brille très fort dans cette après-midi. Il fait chaud et lourd, et je m’imaginerai bien boire un vittel/menthe. J’en profite pour rester au soleil. On me tape sur l’épaule, c’est lolo.

TGV & paysage

TGV & Paysage

Le trajet fut bref, j’ai pu fermé les yeux. Quand je les rouvres, l’agitation des voyageurs a repris son bourdonnement. Le jeune couple qui était face à moi est déjà debout dans l’allée. Nous entrons en gare de Paris-Montparnasse. Des souvenirs diffus reviennent presque immédiatement en regardant par la fenêtre. La piscine, le soleil, les rires des enfants, se baigner en caleçon et boire de la Despé’ un peu tiède. Tout cela s’est fait sans façons.

Vignes et soleil

Vignes et soleil

Je me dépêche, j’ai l’impression que le quai fait dix kilomètres, une foule dense se tient en attente face à cette longue ligne humaine tirant des valises ou des enfants. Dans la chaleur étouffante du métro, je réfléchis longuement à ce week-end, à Lolo. Malgré ma bride dans cet environnement familial un rien propret et bien rangé, j’ai réellement apprécié le geste d’un commentateur que rien ne liait à Clarence. Moi citadin toujours en retard, au blackberry et aux lunettes Dior, lui, papa intéressant quand il s’allume un rien au Cognac, et aborde l’intérêt qu’on partage pour Clarence. Même aise à parler de tout et de n’importe quoi, sans s’affadir même à évoquer les très nombreuses disparités de nos modes de vie. Nous aurions voulu boire davantage, et partager autant de l’ivresse que de la sympathie, mais il s’agissait davantage de contrôle que de se laisser aller à le perdre.

Nems et réflexions...

Nems et réflexions…

En attendant ma soupe Pho’, en sirotant mon thé glacé, je me laisse à m’imaginer vivre à la campagne. Je n’y arrive pas. Je me rabat sur quelques nems, avant de me dire que j’irai boire quelque chose avant de rentrer. Dans la rue, un clochard me demande s’il peut me tirer une clope. Je lui en donne une. Il insiste pour du feu. J’en offre. D’habitude, je lui aurai dit d’aller se faire foutre. Au fond, je dois être un tocard. Comme les autres. Je souris en y réfléchissant. J’exhale une dernière bouffée de Lucky. Dieu que j’aime Paris.

Claude François – Ce soir je vais boire

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9 réflexions sur “Clarence, rat des villes

  1. Je comprends mieux quand tu me disais que tu n’étais pas loin… C’est promis la prochaine fois je te mettrais au parfum ! Sinon moi qui pensait être un grand voyageur pour mériter le soubriquet de « Tom Sawyer » « Huckleberry Finn » je vois que tu n’es pas mal non plus ! Est-ce l’éventualité d’un départ ou le fait que tu as pleins de projets sur le feu qui te fasses cogiter de la sorte ? En tout cas contrairement à Domenech’ tu sais faire ton autocritique et ça c’est déjà pas si mal 😉 Tiens moi au courant pour notre trio en catimini ! Même si j’aurais préféré le quatuor… On se croirait au Tiercé !

  2. Autocritique, je ne vois pas. Difficile de dépasser la vacuité du commentateur comme tu dis si bien, mais ton billet m’intéresse, parce que j’ai été tour à tour Clarence et Lolo. J’ai fait le choix de la campagne, j’aime Paris, j’aime mon bled. En fait, j’adore ce regard croisé.

  3. oui, drôles d’univers que les nôtres, on est si près de tout et de tout le monde, et malgré tout c’est toujours la même aventure, l’autre en face de nous, en chair et en os, quel monde à découvrir. J’aime ton enchevêtrement de mondes, surtout le retour à Montparnasse.

    Drôles de rencontres que celles que nous faisons a posteriori, alors qu’on se connaît déjà, à l’occasion, j’en raconterai peut-être certaine(s).

    Au fait : tu es comment en vrai ? parce que j’avais cru que la photo de ton avatar te représentait… or, tu n’y as pas les « cheveux trop longs » 😉

  4. t’as un coté KAD dans « ce soir, je dors chez toi ». Editeur habillé de maniere totale improbable, il est delicieusement odieux. Expédié en Normandie, il fait une depression nerveuse loin de Paris. Lorsqu’il revient, sur le quai de la gare, il s’exclame, les yeux plein d’étoiles et d’espoir

    ‘TU SENS COMME CA PUE ? »

    Okay, je sors….

  5. @Cholera : non, je ne pense pas que ça soit le même état d’esprit. En l’état, ce week-end là – et je suis bien placé pour le dire – Clarence a effectivement douté. On sait que ce n’est pas un homme de principe : il pisse sur tout et n’importe quoi. En résulte une vraie capacité d’adaptation. Seulement, de retour à Paris, il retrouve les « sales réflexes de parisien à la con » dont il est pétri. C’est de là qu’il vient.

    @Toutes : merci pour vos commentaires sur le billet précédent… Ouais, on est pas de bêtes…

  6. J’ai lu attentivement ce billet en deux parties.
    Part. one and part. two. : Lolo and Clarence.
    Il est rigolo votre diptyque, très « rohmérien ».

    Tu tiens là une rubrique.
    Tu pourrais faire une suite : Clarence à la plage, rencontre avec chateau2sable – ou bien – Clarence dans une ménagerie, rencontre avec …….hum non, je ne préfère pas.

  7. @ Greg’: Oui hein ! Mais je vais revenir aux « affaires ». Et ce sera un rien plus « musclé ». J’ai levé de la fonte depuis.

    Je pense même te faire une spéciale dédicace…

    @ Cholera: Kad ????????????

    Tu mériterais de sortir ! XD

    Seulement, c’est si poétique que j’te garde !

    @ Lucia Mel: Euh, je verrai question photo. Peut être plus tard.

    J’ai lu ton article sur Ladie’s room. Le quotidien le plus simple peut parfois être le plus perturbant. Donc toi, c’est NY ? Mince, dire que je pars après demain vers l’extrême orient. Le voisinage n’est pas encore « tendance », reste qu’on peut toujours y partager des Dunkin’ Donuts…

    @ Emmanuel & Millie: Oui, il n’y a pas une parcelle d’autocritique dans cette idée du « tocard ». Comme il n’y en a pas plus à la campagne qu’à Paris. Simplement, parfois, ça fait un bien fou de confronter son univers ailleurs.

    Vous avez aimé Claude François ? Tout cloclo le Clarence !

    @ Bdiddy: Bon, faudra prévoir la sortie en catimini en Octobre du coup. Mais comptes sur moi ! 😉

    @ lolo: Je t’emmerde !

    Clarence, à prendre avec ses sales manies parisiennes…

  8. Attends, « sales réflexes de parisien à la con », c’est pas péjoratif…

    [Dialogue Intérieur] Ouais… je ne sais pas s’ils vont me croire, là…

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